Pièces jointes : 5 fiches et 6 annexes.
La ministre de l'emploi et de la solidarité ; le ministre délégué
à la santé, à Mesdames et Messieurs les préfets de région (directions régionales
des affaires sanitaires et sociales [pour information et attribution]) ;
Mesdames et Messieurs les directeurs des agences régionales de l'hospitalisation
(pour information) ; Mesdames et Messieurs les préfets de département
(directions départementales des affaires sanitaires et sociales [pour
information, attribution et diffusion]) Cette circulaire a pour objectifs de
préciser aux professionnels qui peuvent être amenés à suivre des patients
atteints d'encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles (ESST), dont
la maladie de Creutzfeldt Jakob (MCJ) est la plus connue, les informations
nécessaires au diagnostic et à la prise en charge ainsi qu'à l'accompagnement de
leurs familles. Les informations et recommandations concernant la prise en
charge médico-sociale énoncées dans cette circulaire peuvent aussi s'appliquer
aux cas des personnes souffrant de maladies dégénératives incurables entraînant
une dégradation physique et intellectuelle rapide et d'évolution fatale en
quelques mois. Certaines caractéristiques des ESST rendent particulièrement
difficile le diagnostic et la prise en charge : rareté de la maladie (incidence
autour de 1,4 cas par million d'habitants et par an, toutes formes
confondues) ; incertitude clinique compte tenu de la combinaison de symptômes
somatiques et psychiatriques pendant les premiers mois de la maladie ; émergence
d'une nouvelle forme dont le tableau clinique et biologique peut encore évoluer.
Les patients atteints de la maladie peuvent ainsi, selon leurs symptômes, être
orientés initialement dans des services aussi divers que les unités
psychiatriques, neurologiques, gériatriques ou de médecine générale. Il est
indispensable, compte tenu de la rapidité de l'évolution de la maladie à compter
de l'apparition des premiers symptômes, que la coordination de la prise en
charge médico-sociale soit mise en place dès qu'un diagnostic de probabilité est
posé, ce même principe s'appliquant pour les autres maladies d'évolution
similaire. Afin d'assurer cette coordination, un référent doit être désigné par
l'équipe soignante, en accord avec la famille, afin de faire le lien entre les
différents intervenants et orienter la famille dans ses démarches
administratives.
Des dispositions existent, permettant de réduire les délais
de traitement administratif des dossiers de demande d'aide et de prestations
auprès des COTOREP. La circulaire n° 97/574 du 25 août 1997
relative à l'accélération des procédures d'attribution des avantages et
prestations sociales accordées aux adultes handicapés par les COTOREP, pour les
personnes atteintes par le VIH ou présentant une affection évolutive grave,
rappelée par la circulaire DAS/RVAS/RV1 n° 99-397 du
7 juillet 1999 relative à l'amélioration de la prise en compte des
handicaps survenant au cours de l'évolution des maladies chroniques, ainsi que
les instructions qui les précèdent, restent d'actualité. Ces instructions
doivent s'appliquer pour toutes les situations handicapantes dont l'évolutivité
importante le nécessite, ce qui est le cas des atteintes liées à la maladie de
Creutzfeldt-Jakob ou à son variant.
Afin de réduire le temps d'accès des
usagers aux différents types d'aide mobilisables, il sera nécessaire d'en
élaborer un recensement exhaustif à l'échelon de chaque département et de tenir
cette information à jour et disponible pour l'ensemble des professionnels
susceptibles d'accueillir le public concerné (champ social et santé). Ce
recensement comportera non seulement les différents types d'aide mobilisables,
mais également les conditions de leur obtention et les coordonnées des
différents opérateurs qui les mettent en oeuvre. Le plan type d'un tel
recensement figure en annexe 6. Les COTOREP (commissions techniques
d'orientation et de reclassement professionnel) ou les CDES (commissions
départementales de l'éducation spécialisée) seront tout particulièrement
sollicitées dès lors que les difficultés quotidiennes prévisibles de la personne
nécessiteront le recours au dispositif d'aide en matière de handicap. Leurs
adresses sont disponibles auprès des DDASS. Elles se trouveront naturellement en
position centrale en matière d'information et devront donc tenir à la
disposition du public et de l'ensemble des professionnels concernés les
informations ainsi recensées.
Sans préjudice des dispositions qui précèdent,
vous accorderez aux personnes et aux familles qui la sollicitent, une aide
d'urgence, s'imputant sur le chapitre 46-33, article 50 du budget de
l'Etat, afin de couvrir de manière forfaitaire les dépenses exceptionnelles
liées à la maladie, non prises en charge par la sécurité sociale, et notamment
l'assistance à la personne rendue nécessaire par l'extrême gravité de la
maladie. Cette aide sera accordée dans la limite de 200 000 F soit 30
489,80 EUR.
Cette circulaire apporte, sous forme de 5 fiches et de
6 annexes, des éléments sur l'état actuel des connaissances sur les
encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles et les différents types
de prise en charge médicale et sociale pouvant être mobilisés. Enfin, la
communication autour des cas de MCJ, sujet qui suscite de nombreuses
interrogations des établissements et des services déconcentrés, compte tenu
notamment de la médiatisation de ces cas, fait l'objet de
recommandations.
Vous voudrez bien diffuser cette circulaire aux
établissements de santé publics et privés, aux établissements psychiatriques,
aux établissements médico-sociaux, aux services de soins à domicile, aux CDES et
aux COTOREP, aux présidents de conseil général, aux présidents de conseil
départemental de l'Ordre des médecins, aux caisses d'allocations familiales
ainsi qu'à tous les services et professionnels concernés.
Fiche n° 1. - Information des professionnels de santé
Fiche n°
2. - Prise en charge des patients et des familles, de la suspicion de diagnostic
jusqu'au décès
Fiche n° 3. - Accompagnement de la famille et des aidants
informels
Fiche n° 4. - Accompagnement social et aides au maintien à
domicile
Fiche n° 5. - Sensibilisation et information médico-administrative
des directeurs d'établissements et des personnels hospitaliers
Les encéphalopathies spongiformes subaiguës transmissibles
humaines (ESST) sont des maladies dégénératives du système nerveux central
caractérisées par l'accumulation d'une isoforme pathologique (PrPsc) d'une
protéine normale, la PrPc. Il n'existe pas aujourd'hui de moyens permettant de
dépister ni de traiter ces maladies dont l'évolution est fatale en quelques
mois. Le diagnostic ne peut être confirmé que par un examen
anatomo-neuropathologique post mortem qui montre des anomalies spongiformes
microscopiques caractéristiques. La maladie n'est pas directement transmissible
de personne à personne ou par simple contact.
Depuis 1994 (1), on
assiste à l'émergence, à côté des formes classiques d'ESST, d'une nouvelle forme
de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), identifiée sous le nom de nouveau
variant de la MCJ (v-MCJ) résultant, selon toute vraisemblance, de la
transmission à l'homme de l'agent de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).
Les différents types d'encéphalopathies spongiformes subaiguës transmissibles
humaines sont décrits dans l'annexe 1.
2. Aide à l'orientation diagnostique et à la prise en charge
Une cellule nationale de référence des encéphalopathies
spongiformes subaiguës humaines sera mise à la disposition des professionnels de
santé et médico-sociaux pour les aider dans le diagnostic, la prise en charge et
l'accompagnement psychologique des patients et de leur famille dans les
prochaines semaines. Cette cellule ne sera pas un lieu de prise en charge des
patients et n'aura pas vocation à recevoir les patients et leurs familles. Il
lui reviendra de conseiller les différents professionnels sur les modalités de
diagnostic, les examens à pratiquer, l'interprétation des résultats, les
possibilités de prise en charge sanitaire, sociale ou médico-sociale. En cas de
nécessité, ses membres pourront éventuellement se déplacer dans le service où
est hospitalisé le patient, à la demande de l'équipe qui le prend en charge.
Pour remplir ses missions, la cellule sera dotée d'un médecin, d'un assistant
social, d'un psychologue et d'un secrétariat. La cellule pourra également
répondre par téléphone aux demandes de renseignements de particuliers concernés
par la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Cette cellule sera située à l'hôpital
Pitié-Salpétrière de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, où sont déjà
regroupées différentes structures nationales concernant les ESST, dont le centre
national de référence de la MCJ iatrogène qui, étroitement associé à la cellule,
la fera bénéficier de son expérience.
Le service de biochimie et de biologie
moléculaire de l'hôpital Lariboisière (Assistance publique - Hôpitaux de Paris),
et le laboratoire de biologie de l'hôpital neurologique, (hospices civils de
Lyon).
Ces laboratoires réalisent le dosage de la protéine 14-3-3 et le
typage du codon 129 (cf. annexe 2). Ils signalent les suspicions de
cas à l'INSERM U 360.
Le réseau national de neuropathologie de la maladie de
Creutzfeldt-Jakob.
Ce réseau, chargé de la confirmation neuropathologique des
cas de MCJ en effectuant les autopsies et l'analyse des prélèvements réalisés
dans ce cadre, est composé de 13 centres régionaux dont la liste est jointe en
annexe 2. La coordination du réseau est implantée à l'hôpital de la
Pitié-Salpétrière. Il constitue une composante essentielle de la surveillance de
la MCJ en France. En effet, le diagnostic ne peut être confirmé que par un
examen anatomo-pathologique spécialisé, c'est pourquoi il est important de
convaincre les familles de l'intérêt d'une autopsie pour affirmer le
diagnostic.
La surveillance épidémiologique des encéphalopathies subaiguës
spongiformes transmissibles.
Les suspicions d'ESST sont soumises à
signalement et à notification obligatoire (2) à l'autorité sanitaire depuis
septembre 1996. Dès lors qu'un cas est suspecté, le médecin qui constate le cas
doit le déclarer au médecin inspecteur de santé publique de la direction
départementale des affaires sanitaires et sociales. La fiche de notification est
ensuite transmise à l'Institut national de veille sanitaire, qui, en liaison
avec l'unité 360 de l'INSERM (chargée de la validation et de la classification
des cas ainsi que de l'étude des facteurs de risque) assure la surveillance
épidémiologique des ESST humaines. Les données épidémiologiques (cas suspects,
probables, certains) sont publiées mensuellement sur le site internet de l'InVS
: www.invs.sante.fr.
La coordination des interventions sanitaires et sociales est
indispensable. Pour tout patient chez lequel est posé un diagnostic de
probabilité de MCJ, il est recommandé qu'une personne référente soit nommément
désignée par l'équipe soignante, en accord avec la famille, afin de coordonner
la prise en charge du patient et de sa famille, quel que soit l'endroit où a
lieu la prise en charge. Ce pourra être, notamment, un assistant social ou un
membre du personnel soignant du service hospitalier, une personne du service
d'hospitalisation à domicile, ou un assistant social intervenant sur le secteur
géographique où vivent le patient et sa famille, selon les disponibilités
locales et avec l'accord de la famille.
La personne référente est identifiée
le plus tôt possible dès que le diagnostic est considéré comme probable ; dans
la pratique, cela signifie généralement lors du séjour à l'hôpital au cours
duquel la MCJ est diagnostiquée. Préalablement à l'annonce du diagnostic, le
référent sera pressenti et le projet de prise en charge défini, avant d'être
proposé au patient et à sa famille. Dans le cas où le patient serait revenu au
domicile préalablement à la réunion de synthèse sur son cas, il est essentiel de
s'assurer que le médecin traitant est bien informé de la situation et que toutes
les aides possibles sont mises en place.
l'accès à un soutien psychologique et à un suivi d'accompagnement de la
famille après le décès du patient.
La personne référente pourra faire appel, si besoin, à la cellule
nationale de référence des ESST.
2. Annonce de la probabilité du diagnostic
Comme pour toute pathologie incurable, il est recommandé qu'une
convergence très forte d'arguments soit obtenue pour annoncer la probabilité du
diagnostic. En fonction de l'état du patient, le médecin jugera des moments et
conditions de cette annonce. S'agissant d'une maladie dont le pronostic est
fatal, le médecin devra vérifier que le patient n'a pas exprimé le souhait de ne
pas informer ses proches. Il revient en principe au médecin qui a pris en charge
le patient et qui a déjà eu des contacts avec la famille, de faire cette
annonce. Compte tenu de la charge émotionnelle que revêt ce type d'annonce, il
est recommandé qu'elle soit faite avec le médecin responsable du service et de
s'assurer de la disponibilité d'une personne en mesure d'apporter un soutien
immédiat au patient et aux proches après l'entretien.
L'annonce du diagnostic
sera accompagnée d'une information sur les possibilités de prise en charge
médico-psycho-sociale. Il sera indiqué à la personne malade et sa famille sera
informée qu'elle pourra bénéficier d'un accompagnement tout au long de
l'évolution de la maladie par l'intermédiaire d'un référent dont les coordonnées
lui seront immédiatement communiquées.
3. Prise en charge du patient
Comme pour toute personne atteinte d'un problème de santé qui, en
raison de sa gravité, interfère de façon majeure sur sa vie quotidienne, il est
nécessaire d'élaborer, avec l'intéressé(e) et en relation avec son entourage
proche, un projet de prise en charge individuelle (annexe 5) prenant en
compte les besoins médico-psycho-sociaux de la personne.
Concernant des
pathologies d'une telle gravité, avec pronostic fonctionnel et vital engagé à
court terme dès l'apparition des premiers signes cliniques, il sera nécessaire
de veiller tout particulièrement à l'organisation optimale des soins infirmiers
et paramédicaux, de l'aide à la vie quotidienne, du soutien psychologique y
compris des proches, de la prise en charge de la douleur et des soins
palliatifs.
4. Les soins et la coordination
Les filières de prise en
charge
Un schéma standard, qui convienne pour tous les cas, ne peut être
défini et sont rappelés ici les différents services pouvant être mobilisés.
Services hospitaliers conventionnels
A certains moments, l'état du patient nécessitera une
hospitalisation en service conventionnel. Le type de service sera déterminé
selon l'état et les besoins du patient : service de soins aigus, ou soins de
suite et réadaptation.
Il peut arriver que le patient présente au début des
symptômes psychiatriques non spécifiques, en particulier en cas de MCJ iatrogène
et de v-MCJ. Dans ce cas, les familles vivent souvent mal qu'un diagnostic
psychiatrique ait pu être initialement porté et ait égaré le diagnostic. Il est
donc fondamental de renforcer la coordination entre les services,
particulièrement avec les services de psychiatrie. Certains malades pouvant
présenter des symptômes psychiatriques importants, l'intervention des équipes
psychiatriques pourra être nécessaire pour assurer une prise en charge
adaptée.
Prise en charge à domicile
Quel que soit l'état du malade, pour que l'ensemble de ses besoins
médico-psychosociaux soit correctement pris en charge, une coordination des
différents professionnels intervenant à domicile est indispensable. Un projet de
prise en charge doit être élaboré préalablement à l'annonce du diagnostic ; il
sera proposé au patient et à sa famille et réévalué aussi souvent que
nécessaire, en fonction de l'état de santé et des besoins du patient. Il faudra
veiller à limiter autant que possible le renouvellement des professionnels
appelés à intervenir à domicile auprès du patient, afin de lui éviter l'effort
d'adaptation que nécessite l'intervention d'un trop grand nombre de personnes.
Cette mesure contribuera également à préserver l'intimité de la famille et à
assurer une continuité des soins optimale.
L'hospitalisation à domicile
semble, dans un grand nombre de cas, un mode de prise en charge adapté aux
différents besoins de ces patients : elle permet, en effet, l'accès à des soins
coordonnés qu'il s'agisse de soins médicaux, de soins paramédicaux divers
(infirmiers, kinésithérapeutes, diététiciens, psychologues etc.), ou
d'interventions sociales (cf. circulaire DH/EO2/2000 n° 295 du
30 mai 2000 relative à l'HAD). Cependant, ce type de service n'est pas
présent sur l'ensemble du territoire.
Les services de soins infirmiers à
domicile sont également un recours possible, pour des patients en perte
d'autonomie : un projet de décret réformant le décret n° 81-448
du 8 mai 1981 relatif aux services de soins à domicile pour
personnes âgées fait actuellement l'objet d'une large concertation. Il prévoit,
notamment, que les personnes atteintes de maladies chroniques invalidantes
puissent désormais être prises en charge par les services de soins et
d'accompagnement à domicile ainsi redéfinis, avant l'age de 60 ans. D'ores et
déjà, par dérogation, avec l'accord du médecin conseil de l'assurance maladie,
de telles prises en charge sont possibles pour les cas d'adultes plus jeunes le
nécessitant. Par ailleurs les mesures nouvelles prévoyant, dès 2001, la
création de 4 000 places de services par an sur 5 ans, seront
mises à profit pour couvrir, entre autres, ce type de besoins.
Certains
réseaux de soins coordonnés, qu'ils soient polyvalents (réseaux de proximité) ou
non (par exemple réseaux de soins palliatifs, réseaux ville-hôpital VIH) peuvent
prendre en charge ces patients dans la mesure où ils ont développé des
savoir-faire en matière de prise en charge des personnes atteintes de maladies
chroniques invalidantes.
Pour aider les familles, des prises en charge
temporaires peuvent être envisagées dans des structures comme les hôpitaux de
jour pour personnes démentes, des centres de jour, ou des structures
d'hébergement temporaire quand elles sont adaptées à ce type de patient.
5. La prise en charge en phase terminale
Selon le souhait du malade (s'il l'a exprimé) ou de la famille,
les patients en phase terminale sont pris en charge à domicile ou à l'hôpital.
En effet, l'accompagnement en fin de vie peut se faire à domicile par du
personnel formé, ce qui est le cas dans les services d'hospitalisation à
domicile ou dans certains services de soins infirmiers à domicile. Quand
l'accompagnement est réalisé par le médecin traitant et l'infirmier libéral, ils
peuvent demander l'intervention ou le soutien d'une équipe mobile de soins
palliatifs du centre hospitalier le plus proche. Néanmoins, cela nécessite que
la prise en charge de la phase terminale soit préparée suffisamment tôt.
A
l'hôpital, le patient peut être pris en charge dans une unité de soins
palliatifs si cette solution paraît la plus appropriée, ou rester dans le
service où il est hospitalisé. Dans ce dernier cas, une équipe mobile de soins
palliatifs peut intervenir auprès du service où est hospitalisé le patient et
apporter tous les soutiens nécessaires auprès de ce dernier et de sa
famille.
6. Accompagnement du deuil et lors de la confirmation
post-mortem
(ou infirmation) du diagnostic
Il est recommandé d'aborder la question de l'autopsie avant le
décès, le moment le plus propice devant être recherché au cas par cas, en
liaison avec le médecin qui assure le suivi de la personne malade. La famille
ayant été informée de l'intérêt que revêt cet examen, tant au plan individuel
que collectif (confirmation ou infirmation du diagnostic, recherche, suivi
épidémiologique), il lui sera indiqué les conditions de l'autopsie (notamment si
le corps doit être transporté), en lui précisant qu'après l'autopsie il lui sera
possible de revoir le corps. Elle pourra, si elle le désire, être mise en
contact avec des associations (3) qui apportent un soutien dans
l'accompagnement au deuil. Il est indispensable que la famille soit informée du
délai prévisible de rendu des résultats (quelques mois) et lui demander soit
d'indiquer le nom du médecin auquel elle souhaite que ceux-ci soient adressés,
soit si elle souhaite être informée directement par le laboratoire de
neuropathologie, ce dernier devant la prévenir de la disponibilité des
résultats. Le choix de la famille ainsi que ses coordonnées et celles du médecin
désigné par elle doivent figurer sur la fiche accompagnant l'envoi des
prélèvements anatomiques.
FICHE 3
ACCOMPAGNEMENT DE LA FAMILLE ET DES AIDANTS
INFORMELS
1. Informations à la famille au cours de la maladie
Tout au long de la maladie, la famille étant la plus à même
d'apporter des éléments sur l'évolution de l'état du patient, il est important
d'être à l'écoute des besoins et attentes qu'elle exprime et de l'associer aux
décisions relatives à la prise en charge. Le consentement du patient sera
recherché. En cas d'impossibilité, l'avis de la famille devra être recueilli
autant de fois que nécessaire.
L'information sera graduelle et actualisée.
Elle pourra anticiper certaines phases de l'évolution probable de la maladie
afin de préparer la famille tant sur le plan psychologique que matériel.
Une
brochure d'information sera remise à la famille.
2. Soutien psychologique
L'accompagnement psychologique de la famille doit être facilité
tout au long de la maladie. Elle peut en bénéficier dans les services
hospitaliers traditionnels ou à domicile quand le service d'HAD dispose d'un
psychologue.
FICHE 4
ACCOMPAGNEMENT SOCIAL ET AIDES AU MAINTIEN À
DOMICILE
Diverses aides à domicile peuvent être attribuées, soit sous forme
de prestations, soit sous forme de financement permettant de mobiliser des
prestations, soit sous forme d'exonérations de charges patronales ou fiscales
pour l'embauche d'une tierce personne. Les organismes auxquels il convient de
s'adresser ainsi que les conditions d'attributions seront détaillés dans la
brochure d'information.
Il conviendra de porter une attention particulière
aux cas qui pourraient survenir peu avant l'âge de vingt ans : avant cet
âge, la CDES est compétente, après c'est la COTOREP, et les financeurs des
diverses aides sont différents. Le dossier constitué auprès de la CDES devra
donc, avec l'accord de la famille, être transmis à la COTOREP avec la mention «
urgent » afin qu'il n'y ait pas de rupture des différentes prestations
d'aide.
1. Aides financières
En dehors de l'allocation aux adultes handicapés et de la pension
d'invalidité de la sécurité sociale, qui visent toutes deux à compenser
l'absence de ressource d'une personne ne pouvant travailler en raison de son
problème grave de santé, il existe :
Pour les enfants :
- l'AES (allocation d'éducation spéciale) sur décision de la CDES
nécessitant la reconnaissance d'un taux d'incapacité de 50 %. La
nécessité de recours à une tierce personne du fait du handicap ou des dépenses
supplémentaires permettent d'attribuer un complément à cette AES ;
- l'APP (allocation de présence parentale) permet aux parents de diminuer ou
d'arrêter leur activité professionnelle pendant un an, au plus, pour s'occuper
d'un enfant gravement malade ou handicapé : versée par la CAF, elle nécessite
un certificat médical attestant de la nécessité de présence d'un des parents
auprès de l'enfant. Elle est couplée à un congé permettant le retour dans
l'emploi initial ou dans un emploi équivalent.
Pour les adultes :
- l'ACTP (allocation compensatrice pour l'aide d'une tierce personne)
attribuée sur décision de la COTOREP. Elle nécessite la reconnaissance d'un
taux d'incapacité de 80 % et l'obligation de recours à une tierce
personne. Elle permet de rémunérer une tierce personne ou dans certains cas de
compenser la perte de revenu d'un proche assumant ce rôle ;
- la MTP (majoration tierce personne) attribuée sur avis du médecin-conseil
de la caisse d'assurance maladie à la personne titulaire d'une pension
d'invalidité et ayant besoin de l'assistance d'une tierce personne pour
effectuer les actes ordinaires de la vie.
2. Interventions d'aides à domicile
Les personnes aidant au domicile peuvent être salariées
d'associations prestataires ou employées directement par la personne selon les
cas :
- aide ménagère à domicile : il peut s'agir dans certains cas précis
(personnes âgées ayant des ressources très faibles) d'une prestation légale.
Dans la plupart des cas, c'est une prestation extra-légale attribuée aux
personnes âgées ou handicapées, dépendant de l'action sociale des caisses
vieillesse ou d'assurance maladie selon les cas. Les conditions d'attribution
en sont donc variables d'un département à l'autre ; il reste en général une
participation à charge de la personne, dépendant de ses revenus ;
- garde à domicile : il s'agit d'une prestation extra-légale de la CNAV
s'adressant aux personnes âgées ;
- auxiliaires de vie : les services d'auxiliaires de vie sont en général
gérés par des associations, avec un financement en partie par l'Etat, le reste
étant à charge de la personne handicapée, qui le finance au moins pour partie
avec l'ACTP ;
- techniciens de l'intervention sociale et familiale (anciennement
travailleuses familiales) : ils interviennent comme aide à domicile aux
familles, sur critères relevant soit de la compétence des CAF, soit de la
compétence de l'assurance maladie (en cas de maladie de la mère d'enfants de
moins de quatorze ans par exemple, et s'il n'y a pas de possibilité
alternative d'aide ou d'accueil). Ils peuvent intervenir également dans le
cadre de l'aide sociale à l'enfance (compétence du conseil général).
Au titre de l'aide d'urgence mentionnée dans le corps même de la
présente circulaire, les DDASS utiliseront les dotations inscrites au
chapitre 46-33, article 50 : « aide sociale », en imputant cette aide
sur le paragraphe 70 : « autres dépenses » de l'article 54 (nomenclature
d'exécution) intitulé « aide à la famille ».
3. Aides fiscales ou exonérations de charges
- réduction fiscale pour emploi d'un salarié à domicile : cette
réduction d'impôt de 50 % sur les sommes versées pour l'emploi d'un salarié
a domicile intéresse tous les foyers fiscaux, mais son plafond est doublé si la
personne concernée est invalide (3e catégorie) ou a à sa charge une
personne invalide (3e catégorie) vivant sous son toit ;
- exonération totale des charges patronales pour l'emploi d'une aide à
domicile : elle concerne plusieurs catégories de personnes, dont les personnes
âgées et les personnes reconnues handicapées.
FICHE 5
SENSIBILISATION ET INFORMATION MÉDICO-ADMINISTRATIVE
DES DIRECTEURS D'ÉTABLISSEMENT ET DES PERSONNELS HOSPITALIERS
1. Information du personnel sur les dispositifs d'aide
sociale
Il sera utile d'organiser une information sur les différentes
prestations sociales, tout particulièrement en direction des services sociaux et
des praticiens hospitaliers des établissements de santé, qui sont le plus
souvent à l'origine des dossiers de demande. Il est en effet nécessaire qu'ils y
portent la mention « urgent » et si possible qu'ils accompagnent le dossier d'un
signalement téléphonique direct auprès du secrétariat ou du médecin de l'équipe
technique de la COTOREP ou de la CDES, dans le respect du secret médical, afin
que le dossier puisse être effectivement traité en priorité.
2. Confidentialité
Les devoirs et obligations de l'ensemble des personnels en matière
de secret professionnel sont en général bien connus, mais, s'agissant d'une
pathologie nouvelle, suscitant l'intérêt du public et des médias, il n'est pas
inutile de les préciser lorsqu'un cas de MCJ est suspecté. Afin de sauvegarder
l'intimité et la dignité du malade et de son entourage, il convient d'être
vigilant sur le respect de ces obligations, que ce soit pour les transmissions
écrites ou verbales.
3. Communication
Il est rappelé que tout cas suspect d'ESST doit être signalé puis
notifié au médecin inspecteur de la DDASS et que les données épidémiologiques
sont publiées par l'Institut de veille sanitaire de façon anonyme et groupée.
Les médias portent un intérêt légitime non seulement aux cas de vMCJ, mais aussi
aux autres types de MCJ et cherchent souvent des informations directement auprès
des établissements de santé. Aucune information ne peut être donnée à la presse
sur l'existence d'un cas par quelque personne que ce soit (professionnel de
santé ou administratif). En cas de sollicitation par la presse, il peut être
utile de rappeler qu'il est du devoir des professionnels et des services de
santé de protéger la vie privée des personnes et de respecter et faire respecter
le secret professionnel. Dès lors que le cas a été signalé à l'autorité
sanitaire, il est conseillé d'orienter la presse sur celle-ci, sachant qu'elle
pourra répondre uniquement sur la réception ou non d'un signalement (toute autre
information, y compris sur le déclarant, ne pouvant être indiquée, en
application de la loi relative à l'informatique et aux libertés). Pour ce qui
concerne les relations des médias avec ces familles, c'est à ces dernières, et à
elles seules, qu'il appartient de déterminer leur conduite vis-à-vis de ces
sollicitations.
4. Information et formation du personnel des services
susceptibles
d'accueillir des patients atteints de la maladie de
Creutzfeldt-Jakob
Les agents des ESST ne se transmettent pas directement par contact
avec une personne malade. Les transmissions inter-humaines décrites aujourd'hui
concernent des personnes ayant subi des interventions neurochirurgicales ou des
greffes de dure-mère (l'utilisation de dure-mère est désormais interdite). Par
ailleurs, en ce qui concerne le risque de transmission des ATNC en milieu de
soins, une circulaire modifiant la circulaire n° 100 de décembre 1995,
précise les principes de réduction des risques, notamment lors du traitement des
dispositifs médicaux et des déchets. Le futur guide à l'usage des professionnels
de santé précisera par ailleurs les situations dans lesquelles des précautions
spécifiques devront être observées au cours de la prise en charge des
patients.
5. L'autopsie
Seule l'autopsie permet aujourd'hui de pouvoir confirmer un
diagnostic de maladie de Creutzfeldt-Jakob. La confirmation diagnostique est
essentielle, notamment pour des raisons scientifiques et épidémiologiques.
Compte tenu des précautions à prendre et de la spécificité des prélèvements et
des conditions de traitement de ces derniers, ces autopsies sont réalisées dans
les laboratoires d'anatomo-pathologies participant au réseau de neuro-pathologie
(dont la liste est précisée en annexe 2). Compte tenu des contraintes de
délai pour le transport de corps (actuellement 24 heures, mais un projet de
décret modifiant la partie réglementaire du code des communes, vise à le
prolonger jusqu'à 48 heures), il convient que l'administration de
l'établissement dans lequel la personne est décédée facilite le transport du
corps.
SOMMAIRE DES ANNEXES
Annexe 1. - Types d'encéphalopathies spongiformes subaiguës
transmissibles humaines
Annexe 2. - Liste des services du réseau de
neuropathologie
Annexe 3. - Procédure diagnostique
Annexe 4. - Diagnostics
de probabilité et de certitude
Annexe 5. - Projet thérapeutique de prise en
charge
Annexe 6. - Plan type du recensement exhaustif des services
mobilisables
ANNEXE I
LES TYPES D'ENCÉPHALOPATHIES SPONGIFORMES
SUBAIGUËS
TRANSMISSIBLES HUMAINES
Il existe différentes formes d'ESST : la maladie de
Creutzfeldt-Jakob (MCJ) sporadique (forme la plus fréquente), les MCJ génétiques
(MCJ génétique proprement dite, syndrome de Gerstmann-Straussler-Scheinker et
insomnie fatale familiale), les MCJ iatrogènes (contamination par l'hormone de
croissance d'origine humaine, plus rarement contamination par greffe de
dure-mère, exceptionnellement par greffe de cornée), le nouveau variant de la
MCJ ou v-MCJ (forme liée à l'encéphalopathie spongiforme bovine ou ESB).
La
MCJ classique ou sporadique : c'est actuellement la forme la plus courante. Il y
a environ 80 cas de MCJ classique par an en France. Elle touche le plus
souvent des personnes âgées et est exceptionnelle avant 40 ans. Les causes de la
MCJ classique sont inconnues.
La MCJ génétique : il existe de rares cas de
MCJ qui sont d'origine familiale. On retrouve chez ces cas une anomalie
génétique de transmission autosomique dominante.
La MCJ iatrogène : certains
cas de la MCJ ont été associés à des traitements administrés dans les
années 80, utilisant un dérivé pituitaire de l'hormone de croissance et
lors de greffes de dure-mère humaine. Quelques cas, peu nombreux, ont pu être
associés à des greffes de cornée et quelques autres à une contamination par des
instruments utilisés en chirurgie cérébrale.
Le nouveau variant de la MCJ
(v-MCJ) : cette forme a été identifiée récemment. Il y a environ 90 cas de
v-MCJ au Royaume-Uni et, à ce jour, 3 cas en France (2 certains et un
probable). Il touche une population plus jeune que la MCJ classique.
CARACTÉRISTIQUES CLINIQUES
La MCJ est actuellement constamment mortelle. La durée de la
maladie, après l'apparition de symptômes évolutifs, varie en fonction des types
de la maladie. La durée moyenne de la forme classique est de quelques mois
(6 à 7 mois), celle de la forme variante est de plus d'un an
(14 mois) et elle peut aller de 2 à 5 ans pour les formes
héréditaires. Les caractéristiques cliniques varient en fonction de la région
atteinte du cerveau mais tous les patients connaissent une détérioration
rapide.
ANNEXE II
Liste des services du réseau de neuropathologie
| CENTRES RÉGIONAUX |
NOM DU RESPONSABLE |
CENTRE HOSPITALIER |
| Caen |
Pr F. Chapon |
C.H.R.U de Caen |
| Toulouse |
Pr M.-B. Delisle |
C.H.R.U. de Toulouse |
| Paris |
Pr J.-J. Hauw |
Groupe hospitalier de la Pitié-Salpétrière |
| Paris |
Pr D. Hénin |
Hôpital Bichat |
| Paris |
Pr J. Mikol |
Hôpital Lariboisière |
| Lyon |
Pr N. Kopp |
Hospices civils de Lyon |
| Rouen |
Pr A. Laquerrière |
C.H.R.U de Rouen |
| Strasbourg |
Pr M. Mohr |
C.H.R.U de Strasbourg |
| Lille |
Pr M.-M. Ruchoux |
C.H.R.U de Lille |
| Bordeaux |
Pr A. Vital |
C.H.R.U de Bordeaux |
| Marseille |
Pr J.-F. Pelissier |
A.P. de Marseille |
| Rennes |
Pr M.-P. Ramée |
C.H.R.U de Rennes |
| Limoges |
Pr Labrousse |
C.H.R.U. de Limoges |
ANNEXE III
PROCÉDURE DIAGNOSTIQUE
En raison de la rareté de la maladie et de l'absence de test de
diagnostic, le diagnostic est le plus souvent difficile à établir. Chez les
patients plus âgés atteints de MCJ sporadique, un diagnostic de simple démence
peut être posé. Pour les jeunes patients atteints de v-MCJ, une pathologie
psychiatrique est le plus souvent soupçonnée au début des signes. Quand le
diagnostic de la maladie est suspecté, un certain nombre d'investigations est
habituellement réalisé. Elles permettent d'exclure d'autres hypothèses et
certains résultats aident au diagnostic de probabilité de MCJ. Les examens
communément effectués comportent :
- ponction lombaire : il n'est pas possible de détecter la protéine-prion
dans le liquide céphalo-rachidien. Un dosage de la protéine 14-3-3, témoin
d'un lyse des cellules nerveuses, peut être réalisé. La détection de cette
protéine, non spécifique de la MCJ, peut orienter sur un diagnostic de MCJ
classique ;
- EEG : on trouve souvent, dans la forme sporadique, des caractéristiques
anormales de l'EEG. On ne les retrouve pas dans la v-MCJ, bien que souvent des
anomalies non spécifiques surviennent au cours de l'évolution ;
- scanner : il ne montre généralement pas d'anomalies mais il permet
d'exclure d'autres hypothèses ;
- IRM : il peut montrer des anomalies de signal dans les noyaux caudés, les
putamen et les cortex cérébraux ou cérébelleux en cas de MCJ sporadique. En
cas de v-MCJ, l'observation d'hypersignaux en séquence T 2 ou flairs dans
la partie postérieure des thalamus (noyaux pulvinar et dorsomédian) a une
grande valeur diagnostique ;
- biopsie des amygdales : la présence de protéine PrP pathologique (PrPSc)
peut être mise en évidence dans les cas de v-MCJ ;
- test génétique : les anomalies génétiques responsables des formes
familiales de la maladie sont identifiées et détectables par un test
sanguin.
La biopsie du cerveau n'est pas recommandée, tant pour des raisons
éthiques que techniques, s'agissant d'un examen invasif donnant des résultats
négatifs, si la biopsie a été réalisée sur une partie du cerveau non
affectée.
ANNEXE IV
LES DIAGNOSTICS DE PROBABILITÉ ET DE
CERTITUDE
1. Le diagnostic de probabilité
La définition de MCJ probable varie en fonction des formes de
MCJ.
1.1. Maladie de Creutzfeldt-Jakob sporadique probable
Atteinte des fonctions intellectuelles (démence) progressive et au
moins deux des quatre signes neurologiques ci-dessous :
1. Myoclonies.
2.
Signes visuels ou cérébelleux.
3. Signes pyramidaux ou extra
pyramidaux.
4. Mutisme akinétique et électroencéphalogramme typique* ou
détection de la protéine 14.3.3 dans le liquide céphalo-rachidien.
(*)
Electroencéphalogramme typique : complexes triphasiques généralisés de
périodicité égale à 1 cycle par seconde sur un tracé standard de
veille.
1.2. Maladies de Creutzfeldt-Jakob génétiques
Les formes génétiques, qu'il s'agisse de la MCJ génétique, du
syndrome de Gerstmann-Straussler-Scheinker ou de l'insomnie fatale familiale,
sont liées à des mutations ponctuelles ou à des insertions de nucléotides sur le
gène codant la protéine prion (PRNP). La détection de ces anomalies est faite
par étude de l'ADN prélevé par prise de sang (cette étude n'est réalisée
qu'après avoir recueilli le consentement du patient ou de sa famille).
En
fonction de la réalisation ou non de l'étude génétique ou de l'existence ou non
d'un antécédent familial, on peut distinguer deux formes de MCJ génétique
probable :
a) Patient présentant les critères de MCJ probable définis pour la
forme sporadique et une MCJ certaine ou probable chez un apparenté au premier
degré.
b) Patient présentant des signes neuropsychiatriques et une mutation
ou une insertion du gène PRNP.
1.3. Maladies de Creutzfeldt-Jakob iatrogènes
Les signes cliniques étant différents, il faut distinguer :
a)
MCJ liée à l'hormone de croissance d'origine humaine ; quatre critères
obligatoires pour un diagnostic probable :
1. Administration d'hormone de
croissance extractive avant 1988.
2. Absence de signes de récidive de
l'affection ayant nécessité le traitement par hormone de croissance.
3.
Dégradation sévère et continue pendant au moins trois mois.
4. Présence d'une
dégradation intellectuelle avec, au moins, trois des signes suivants : syndrome
cérébelleux, syndrome pyramidal, rigidité, myoclonie, troubles oculo-moteurs,
anomalies sur l'électroencéphalogramme, anomalies sur l'électrorétinogramme,
détection de la protéine 14-3-3 dans le liquide céphalo-rachidien, ponction
lombaire et IRM normales.
b) MCJ iatrogène liée à une autre cause que
l'hormone de croissance.
Un cas est déclaré probable sur les mêmes critères
que ceux de la MCJ sporadique probable et la notion d'un traitement pour lequel
l'enquête épidémiologique permet d'établir la possibilité de transmission de la
maladie (en pratique : greffe de dure-mère ou exceptionnellement greffe de
cornée).
1.4. Variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (v-MCJ)
Comme pour la MCJ iatrogène liée à l'hormone de croissance, les
signes cliniques du v-MCJ ne sont pas identiques à ceux de la MCJ sporadique et
les critères diagnostiques sont donc différents. Ces critères ont été proposés
par les Britanniques, discutés à plusieurs reprises par les équipes européennes
et finalement adoptés lors de la dernière réunion du réseau européen EuroCJD
(21-22 septembre 2000). L'interprétation des images IRM demandant une
expérience que seule l'équipe de RG Will, au Royaume-Uni, possède (ayant examiné
les IRM de plusieurs dizaine de cas), il a été décidé, par le réseau EuroCJD,
que les critères dans les autres pays (dont la France) seraient différents de
ceux utilisés par les Britanniques :
I A. - Trouble neuropsychiatrique
progressif.
I B. - Durée de la maladie > six mois.
I C. - Pas
d'autre diagnostic après les examens de routine.
I D. - Pas d'antécédent
iatrogène potentiel.
II A. - Signes psychiatriques précoces (1).
II B. -
Symptômes sensitifs douloureux persistants (2).
II C. - Ataxie.
II D. -
Myoclonie ou chorée ou dystonie.
II E. - Démence.
II F. - Pas d'anomalie
électroencéphalographique typique de la MCJ sporadique (3).
II G. -
Hypersignaux bilatéraux des pulvinars sur l'IRM.
III. - Biopsie d'amygdale
positive : v-MCJ probable = tous les critères de I et au moins cinq
critères de II et le critère III (voir infra : « Remarques »).
N.B.
: pour considérer une biopsie d'amygdale comme positive, il faut que la protéine
PrP pathologique (PrPsc) ait été détectée par les techniques d'immunocytochimie
et de Western-blot.
Remarques :
1. Dans toutes les formes de MCJ, faire un
diagnostic de probabilité peut prendre plusieurs semaines, ou même plusieurs
mois pour les formes les plus lentement évolutives comme la MCJ liée à l'hormone
de croissance ou le v-MCJ. La mise en oeuvre d'une procédure de prise en charge
spécifique ne pourra donc pas avoir lieu au tout début de la maladie.
2.
Cette prise en charge spécifique ne peut être déclenchée qu'après annonce du
diagnostic à la famille. En pratique, étant donné la gravité de la maladie
(aucun traitement à ce jour), le diagnostic est en général annoncé aux familles
lorsque le diagnostic est probable.
3. Etant donné la rareté de la maladie
(moins de quatre-vingt-dix cas par an en France, toutes formes confondues), les
équipes neurologiques peuvent rester plusieurs années sans voir de MCJ.
4.
Les critères de v-MCJ probable sont restrictifs. En particulier, ils impliquent
une évolution d'au moins six mois. Il semble raisonnable de proposer, qu'en cas
de forte suspicion, le médecin expert de la cellule de référence se rende dans
un délai raisonnable au chevet du patient, pour examiner le dossier avec les
cliniciens. Cela permettrait de discuter de la stratégie à appliquer pour
arriver à un diagnostic de probabilité dans les meilleurs délais.
2. Le diagnostic de certitude
Quelle que soit la forme de MCJ, le diagnostic de certitude repose
sur l'étude neuropathologique et/ou biochimique (Western-blot) d'un fragment
cérébral, prélevé par biopsie corticale (examen rarement pratiqué) ou par
autopsie (le taux d'autopsie en cas de suspicion de MCJ se situe autour de
60 %). L'analyse des données cliniques ne peut donc conduire qu'à un
diagnostic de probabilité.
ANNEXE V
PROJET DE PRISE EN CHARGE
Le projet de prise en charge formalise l'ensemble des soins
cliniques, psychologiques et sociaux que l'état du patient nécessite. Le médecin
et l'équipe paramédicale l'élaborent en commun. Il sera actualisé tout au long
de l'évolution de la maladie par le médecin traitant en concertation avec le
médecin hospitalier, le médecin coordonnateur de l'HAD, le cas échéant et
l'équipe soignante intervenant auprès du patient.
Le service social évalue
les possibilités du réseau familial et social afin de garantir les conditions
les plus adaptées de la prise en charge à domicile. Le projet prend en compte
les besoins d'aide supplémentaires : aide ménagère, travailleuse familiale,
repas à domicile et garde à domicile. Cet aspect doit également être réévalué
périodiquement.
La situation du patient et de son environnement familial est
évaluée régulièrement pour envisager, si besoin, l'accompagnement psychologique
des familles et des malades.
ANNEXE VI
PLAN TYPE DU RECENSEMENT EXHAUSTIF DES SERVICES
MOBILISABLES
Ce recensement sera élaboré à l'échelon départemental et mis à
disposition des professionnels concernés.
Il comporte la liste des structures
existantes avec leurs coordonnées et leur nombre de places, les conditions
administratives de leur accès (agrément), leurs modalités de prise en charge
financière (complète ou partielle, conditions de ressources, etc).
Champ
sanitaire (prise en charge assurance maladie - forfait hospitalier éventuel)
:
HAD : établissement de rattachement, nombre de places.
Hôpital de jour :
gériatrique, psychiatrique.
Soins de longue durée : gériatrique, conditions
de dérogation pour les moins de 60 ans, coût restant à charge.
Champ
médico-social (assurance maladie et/ou autre financeur) :
SSIAD : liste des
structures disponibles auprès de la DDASS-Etat.
Etablissements pour adultes
handicapés : liste des structures avec financement assurance maladie disponible
auprès de la DDASS-Etat, les autres auprès du conseil général, en précisant les
structures acceptant des prises en charge temporaires.
Etablissements pour
personnes âgées : liste des structures avec financement assurance maladie
disponible auprès de la DDASS-Etat, les autres auprès du conseil général, en
précisant les structures acceptant des prises en charge temporaires.
Aide à
domicile (prestations extralégales en général) :
Aides ménagères : liste des
structures disponibles auprès des communes - CCAS en général, et auprès de la
CRAM - branche vieillesse ou du conseil général qui les conventionnent. La prise
en charge de ces aides étant variable selon les publics (personnes âgées ou
handicapées) et selon les ressources (aide sociale légale du département sous
condition de ressource pour les personnes âgées, prestation extralégale par les
caisses), il est nécessaire de préciser ces conditions pour chaque département
et si besoin différents régimes (agricole par exemple pour les départements
ruraux).
Auxiliaires de vie : liste des structures disponibles auprès de la
DDASS-Etat. La solvabilisation des personnes étant en grande partie assurée par
l'ACTP, l'indication des coûts sera obligatoirement brute, et à individualiser
ensuite, en fonction de la décision de la COTOREP à cet égard.
Techniciens de
l'intervention sociale et familiale (anciennement travailleuses familiales) :
liste des structures, en général associatives, disponible auprès de la CAF ou du
conseil général. Les critères et plafonds en nombre d'heures seront précisés,
ainsi que la participation des familles.
(1) Date d'apparition des symptômes
chez les premiers cas connus. La première publication remonte à 1996.
(2)
Décret n° 99-362 du 6 mai 1999 relatif aux modalités de
transmission à l'autorité sanitaire de données individuelles concernant les
maladies visées à l'article L. 3113-1 du code de la santé
publique.
Décret n° 99-363 du 6 mai 1999 relatif à la liste des
maladies faisant l'objet d'une transmission obligatoire de données individuelles
à l'autorité sanitaire.
(3) La brochure d'information précisera les
associations susceptibles d'être contactées.