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Prévention

 


 

Prévention des infections transmises par le sang
dans les établissements de santé et les services publics
(Partie 1/4)

 

Relevé des maladies transmissibles au Canada - Supplément Vol. 23 (23S3) mai 1997

Direction générale de la protection de la santé - Laboratoire de lutte contre la maladie

RMTC Supplement avril 1997 Vol. 23S2
ISSN 1188-4169


 

Recommandations générales à l'intention du personnel des établissements de santé et des services publics

Les recommandations qui suivent s'appliquent à tous les établissements de santé et services publics, y compris les hôpitaux de soins actifs et prolongés, les services de consultations externes, et tous les lieux mentionnés à la section E.

A. Prévention de la transmission d'agents pathogènes à diffusion hématogène entre patients et clients et d'un travailleur à un patient/client

En 1996, le LLCM a parrainé une "Conférence de concertation sur les professionnels de la santé infectés : Risque de transmission de pathogènes à diffusion hématogène". Les conclusions de cette conférence seront publiées dans un supplément au Relevé des maladies transmissibles au Canada au milieu de 1997. Parmi les recommandations qui suivent, c, j, k, l, m, n, o et p sont fondées sur les données actuellement disponibles; il se peut qu'on doive les modifier à la suite de la publication des actes de la Conférence de concertation.

Les travailleurs jouent un rôle de premier plan dans la prévention de la propagation d'agents pathogènes transmissibles par le sang entre patients, clients et membres du personnel. On a fait état d'erreurs dans la manipulation et la désinfection ou la stérilisation d'aiguilles et d'autres instruments après leur utilisation, qui ont contribué à la propagation de maladies transmissibles par le sang dans les établissements de santé et les services publics. Il est essentiel de bien identifier les patients et de prendre des précautions lorsqu'on injecte des liquides chez un patient.

RECOMMANDATIONS

a.Il n'est pas recommandé d'étiqueter les échantillons ni d'identifier les patients comme requérant des soins spéciaux parce qu'ils risquent éventuellement de propager des pathogènes transmissibles par le sang.

b. Il faudrait nettoyer toutes les surfaces de travail potentiellement contaminées après chaque patient ou client et à la fin de chaque journée de travail. Cette recommandation s'applique aux hôpitaux, laboratoires, ambulances, morgues, salons mortuaires, centres de services personnels, cliniques dentaires et services de consultations externes. Il faut procéder immédiatement à un nettoyage en cas de contamination ou de déversement.

c. Dans le passé, on croyait que le dépistage systématique du VIH, du VHB ou du VHC chez les patients ou les travailleurs de la santé ne permettrait pas de réduire l'incidence des expositions au sang et n'a donc pas été recommandé.

d. Lorsqu'on administre des médicaments injectables, il faut considérer avant tout la sécurité du patient. Il faut porter une attention particulière à l'utilisation initiale et à la réutilisation subséquente des flacons multidoses.

e. Les aiguilles et seringues à usage unique (jetables) devraient être jetées après une seule utilisation. Il est inacceptable de changer les aiguilles entre les patients tout en gardant les mêmes seringues. Toutefois, dans des situations particulières, on peut réutiliser des aiguilles jetables chez un même patient (p. ex. les aiguilles d'acupuncture peuvent être réutilisées chez le même client si elles sont conservées de manière à éviter toute réutilisation pour un autre client - par exemple des aiguilles propres, stérilisées sont données au patient/client pour qu'il les garde). Il faut mettre en place des mesures de protection et exercer une surveillance continue afin de prévenir toute réutilisation possible des aiguilles et d'autres objets pointus ou tranchants jetables chez des patients/clients différents.

f. Toutes les aiguilles ou les seringues réutilisables doivent être nettoyées et stérilisées comme il convient avant d'être utilisées chez un autre patient/client. Il devrait y avoir un protocole pour garantir qu'on manipule, transporte, reconditionne et conserve les aiguilles et seringues jetables de façon sécuritaire.

g. L'utilisateur d'objets pointus ou tranchants doit veiller à ce que ceux-ci soient éliminés de façon sécuritaire.

h. Avant toute transfusion de sang ou de produits sanguins, il faut procéder à une identification complète du patient et du produit. Il importe d'établir des mécanismes formels de consignation des méthodes d'identification ainsi que des programmes d'assurance de qualité de manière à garantir le respect de ces formalités.

i. Le nom de la mère et de l'enfant doivent être bien indiqués sur les étiquettes accompafgnant le lait maternel. Il faut établir des mécanismes formels de consignation des méthodes d'identification ainsi que des programmes d'assurance de la qualité de manière à garantir le respect de ces formalités. La Société canadienne de pédiatrie ne recommande pas le recours aux banques de lait maternel provenant de donneuses.

Pour une mise à jour des recommandations suivantes, veuillez vous reporter aux Recommandations de la Conférence de concertation sur l'infection des professionnels de la santé : Risque de transmission de pathogènes à diffusion hématogène qui a eu lieu en 1996; elles devraient être publiées dans un Supplément au Relevé des maladies transmissibles au Canada au  milieu de 1997. On  peut également consulter le Protocole intégré pour la prise en charge des travailleurs de la santé exposés à des pathogènes transmissibles par le sang.

j. Les travailleurs de la santé qui ont déjà subi une exposition importante ou qui présentent des facteurs de risque personnels (p. ex. comportements sexuels à haut risque, usage de drogues injectables) devraient se présenter pour un test de détection du VIH, du VHB et du VHC. Il n'est pas permis de dévoiler à un employeur ou à un patient la séropositivité d'un travailleur infecté, sans le consentement de ce dernier.

k. Si un patient a été exposé de façon importante à du sang ou à des liquides capables de propager des pathogènes transmissibles par le sang, il devrait en être avisé. Il n'est pas permis de divulguer la source de l'exposition ni le statut sérologique du travailleur de la santé, sans le consentement de ce dernier. Le patient devrait recevoir des conseils concernant les mesures de protection à adopter avant de connaître les résultats de laboratoire (p. ex., il devrait prendre des précautions lors des rapports sexuels, ne pas donner de sang, de plasma, des organes, des tissus ou du sperme et les mères devraient éviter d'allaiter).

l. On encourage les travailleurs atteints d'une maladie infectieuse qui pourrait mettre en danger un patient à subir une évaluation médicale afin qu'on détermine s'ils risquent de transmettre l'infection à des patients/clients. L'une des règles fondamentales de déontologie chez les travailleurs de la santé est de se soumettre à une évaluation médicale lorsqu'ils sont infectés par le VIH, le VHB ou le VHC.

m. Un travailleur infecté peut décider d'être évalué par son médecin traitant. On incite les médecins qui traitent des travailleurs infectés par le VIH, le VHB ou le VHC à demander conseil pour évaluer les tâches de ces derniers et le risque potentiel de transmission d'une infection dans les établissements de santé.

n. Les associations professionnelles et les organismes de réglementation professionnelle devraient adopter des programmes de soutien non menaçants en vue d'aider les travailleurs infectés dont les tâches doivent être modifiées en raison de leur séropositivité. Il serait utile d'offrir des services d'orientation professionnelle et, au besoin, de recyclage afin de mettre à profit les connaissances et les compétences de ces travailleurs.

o. Au nombre des critères d'évaluation de l'aptitude professionnelle des travailleurs infectés devraient figurer l'examen médical (y compris l'évaluation de l'état mental), les connaissances, l'application des mesures de prévention et de lutte contre l'infection et le risque de blessures par des objets pointus ou tranchants dans l'exercice de leurs fonctions. Toute décision visant à restreindre l'aptitude au travail d'une personne devrait se fonder sur les capacités mentales et physiques et les tâches particulières à remplir et non uniquement sur la séropositivité du travailleur.

p. Il incombe aux travailleurs infectés par le VIH, le VHB, ou le VHC de consulter afin d'être en mesure de connaître le risque qu'ils présentent pour leurs patients/clients. Lorsqu'un travailleur n'est pas sûr s'il risque de transmettre l'infection ou ne connaît pas bien les mesures permettant de réduire au minimum le risque que pourraient courir leurs patients/clients, il devrait consulter un responsable de la santé des employés, de la lutte contre l'infection ou un groupe de défense des patients qui s'occupe de la qualité des soins ou un comité d'experts chargé par des organisations professionnelles d'évaluer les travailleurs de la santé infectés.

B. Prévention de la transmission d'agents pathogènes à diffusion hématogène d'un patient/client à un travailleur

1. Protection prévue par la loi

La plupart des travailleurs sont régis par des lois ou des réglementations fédérales ou provinciales sur la santé et la sécurité, qui ont pour objet de prévenir les accidents et les affections associées au travail ou survenant en milieu de travail. Un ensemble de lois et de règlements dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail visent à prévenir les expositions professionnelles à des agents pathogènes transmissibles par le sang. S'il est vrai que les provinces ou territoires peuvent avoir une loi particulière différente, leur législation du travail est similaire.

Par exemple, les employés du gouvernement fédéral sont régis par le Code canadien du travail, partie II, Sécurité et Santé au travail. En ce qui concerne les obligations de l'employeur, on commence par dire que : "L'employeur veille à la protection de ses employés en matière de sécurité et de santé au travail." L'employé a également des obligations, notamment : "L'employé au travail est tenu
a) d'utiliser le matériel, l'équipement, les dispositifs et vêtements de sécurité que lui fournit son employeur ou que prévoient les règlements pour assurer sa protection;
b) de se plier aux consignes réglementaires en matière de sécurité et de santé au travail;
c) de prendre les mesures nécessaires pour assurer sa propre sécurité et sa propre santé ainsi que celle de ses compagnons de travail et de quiconque risque de subir les conséquences de ses actes ou omissions.

" La section sur le matériel, l'équipement, les dispositifs et vêtements de sécurité dans la législation prévoit que "Toute personne à qui est permis l'accès au lieu de travail doit utiliser l'équipement de protection réglementaire visé par la présente partie dans les cas suivants :
a) lorsqu'il est en pratique impossible d'éliminer ou de maintenir à un niveau sécuritaire le risque que le lieu de travail présente pour la sécurité ou la santé;
b) lorsque l'utilisation de l'équipement de protection peut empêcher une blessure ou en diminuer la gravité".

2. Réduction du risque au travail

Il est nécessaire que les travailleurs et les employeurs analysent les tâches inhérentes à chaque poste afin de déterminer quelles interventions et activités présentent un plus grand risque d'exposition. L'examen des rapports et des demandes d'indemnisation des accidents du travail peut faciliter cette évaluation. Il faut classer les expositions et les blessures selon le niveau de risque (faible, modéré et élevé). Lorsqu'on a déterminé le niveau de risque, on peut établir un ordre de priorité pour l'introduction des produits et l'application des politiques et procédures. Par exemple, une blessure accidentelle où le travailleur s'est piqué avec une aiguille creuse remplie de sang constituerait un risque élevé comparativement à une blessure accidentelle due à une piqûre d'aiguille utilisée sur une ligne de perfusion (IV) pour une injection. Le lecteur est prié de consulter le Protocole intégré pour la prise en charge des travailleurs de la santé exposés à des pathogènes transmissibles par le sang pour plus d'information.

Les anecdotes portant sur les accidents évités de justesse constituent également une importante source d'information. Lorsque des risques possibles ont été cernés, il importe de faire participer les travailleurs à la résolution des problèmes, à la mise en oeuvre et à l'évaluation des solutions adoptées.

RECOMMANDATIONS

a. Un système de surveillance devrait être établi pour identifier les causes d'exposition.

b. Tout programme de réduction du risque devrait prévoir une évaluation critique de tous les actes qui peuvent comporter une exposition à du sang ou à d'autres liquides capables de propager des pathogènes transmissibles par le sang afin qu'on puisse déterminer les façons de réduire ou d'éliminer le risque d'exposition.

c. Dans la mesure du possible, il faut trouver d'autres façons de procéder afin d'éliminer le risque d'exposition importante (p. ex. l'utilisation de systèmes automatisés de lavage et de contamination afin d'éliminer le nettoyage manuel des objets pointus ou tranchants contaminés, la modification des interventions chirurgicales afin qu'il ne soit plus nécessaire d'effectuer des sutures à l'aveugle, et l'enlèvement des lames des lancettes et des scalpels avec des pinces plutôt qu'avec les doigts

d. S'il est impossible d'éliminer le risque d'exposition, il faut adopter des mesures d'ingénierie en vue de modifier les pratiques et méthodes de travail de façon à réduire le risque (p. ex. ne pas recapuchonner les aiguilles, placer les contenants à l'épreuve des perforations destinés à recevoir les aiguilles jetables le plus près possible du lieu où l'on utilise ces aiguilles et ne pas vider ces contenants, utiliser des aiguilles auto-émoussantes, des dispositifs permettant de transférer rapidement des objets pointus ou tranchants dans des contenants, évaluer les systèmes sans aiguille et, dans la mesure du possible, utiliser plutôt des produits sans aiguille ou des systèmes de sécurité.

e. Pour réduire le risque d'exposition (à du sang et à d'autres liquides organiques) qui ne peut être éliminé ou en attendant de modifier le procédé, il convient d'utiliser du matériel de protection individuelle (p. ex., tous les travailleurs de la santé et les employés des services publics devraient porter comme mesure additionnelle de protection des gants chaque fois qu'ils risquent d'être exposés à du sang ou à des liquides capables de propager des pathogènes transmissibles par le sang ainsi que des lunettes à coques ou un écran facial s'il existe un risque d'éclaboussures par du sang ou des liquides capables de propager des pathogènes transmissibles par le sang).

f. Pour que les solutions de rechange préconisées soient appliquées avec succès, elles doivent s'accompagner de programmes de formation (initiale et continue). Toutefois, les programmes qui ne visent qu'à inciter les travailleurs à prendre la responsabilité de porter le matériel de protection individuelle adéquat et qui ne cherchent pas à modifier les méthodes et les pratiques en vue de réduire ou d'éliminer le risque ne réussissent pas souvent à abaisser le nombre d'expositions.

g. On ne peut refuser d'avoir des contacts avec des patients infectés par le VIH, le VHB ou le VHC.

h. Lorsqu'on adopte des mesures pour prévenir la propagation de pathogènes transmissibles par le sang pour tout le sang, pour tous les échantillons de sang et certains liquides organiques, il n'est pas nécessaire d'utiliser un système pour identifier les cas connus ou suspects ou encore des étiquettes sur les échantillons de sang pour signaler la présence de dangers biologiques

i. Lorsque des échantillons de sang sont transportés à l'extérieur de l'établissement, d'autres règlements fédéraux et provinciaux peuvent s'appliquer

j. Les échantillons de sang transportés d'un établissement de santé à l'autre doivent être placés dans un emballage sécuritaire qui est conçu, construit, rempli et fermé de sorte que dans des conditions normales de manutention et de transport, il n'y aura aucune fuite ni émission des échantillons de l'emballage.

k. Les échantillons de sang qui ont été analysés et qui, d'après les épreuves de laboratoire, contiennent des substances infectieuses réglementées telles que le VHB ou le VIH, doivent être transportés (à l'extérieur) conformément au règlement de Transports Canada dans des emballages de type 1B

3. Réduction du risque en cas d'exposition régulière à du sang

I Immunisation

Il existe un vaccin efficace contre l'infection à VHB qui permet de réduire le nombre de cas de contamination et d'hépatite B chez les travailleurs de la santé

   On ne dispose pas cependant de vaccins pour prévenir l'infection à VIH ou à VHC.

RECOMMANDATIONS

a. Il est recommandé d'administrer le vaccin contre l'hépatite B à titre prophylactique avant l'exposition aux personnes qui courent un plus grand risque d'être exposées à du sang ou à des liquides capables de propager des pathogènes transmissibles par le sang (voir section II.A) ou qui risquent davantage de se blesser par des objets pointus ou tranchants (p. ex. au travail, notamment dans les établissements de santé, les morgues, les salons mortuaires, les laboratoires, les buanderies, les services de gestion des déchets, d'entretien ménager, les services personnels et les services de sécurité publique). Les personnes qui étudient dans ce domaine devraient avoir reçu une série vaccinale complète avant de s'exposer dans leur travail à du sang ou à des objets pointus ou tranchants. Parmi les autres personnes considérées à risque qui devraient être vaccinées, citons les clients et le personnel des établissements destinés aux déficients intellectuels, les hémodialysés, les patients qui ont reçu du sang ou des produits sanguins, les détenus dans les établissements correctionnels, les contacts familiaux et sexuels des porteurs du VHB de même que les populations ou les collectivités où le VHB est fortement endémique.

b. Une analyse de la réponse sérologique après l'administration du vaccin contre l'hépatite B n'est indiquée que s'il importe de connaître l'état immunitaire des sujets pour déterminer leur prise en charge clinique subséquente (p. ex. patients et personnel des unités d'hémodialyse, personnes infectées par le VIH, travailleurs exposés après la vaccination). Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) se penche actuellement sur cette question.

c. Il n'est pas habituellement recommandé d'administrer des doses de rappel du vaccin contre l'hépatite B

.../...

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Mardi 13 Mai 2008
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