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II Mesures techniques de protection
La contamination professionnelle par des agents pathogènes
transmissibles par le sang résulte le plus souvent d'une lésion percutanée
causée par une aiguille ou un autre instrument pointu ou tranchant. Le
risque de contamination varie selon l'agent pathogène, l'instrument (p.
ex., les aiguilles creuses sont plus dangereuses que les aiguilles solides)
et selon l'intervention (p. ex., le risque est plus élevé lorsque
les interventions s'accompagnent d'une perte abondante de sang, telles
que les chirurgies vasculaires et abdominales)
Même si le nombre de blessures causées par des aiguilles
et des instruments pointus ou tranchants a en général diminué, cette tendance
à la baisse n'est pas soutenue malgré les efforts d'éducation déployés
depuis de nombreuses années dans le domaine de la prévention des accidents
. Par exemple, l'étude effectuée en 1992 dans cinq hôpitaux de Montréal
a révélé que de nombreux travailleurs de la santé continuent de recapuchonner
les seringues ou les laissent sans capuchon, ce qui est à l'origine de
la majorité des blessures. Plus de 6 % des expositions étaient associées
à l'élimination d'aiguilles dans des contenants destinés aux objets pointus
ou tranchants, d'où la nécessité d'améliorer la conception et l'utilisation
de ces contenants
De nouveaux produits et techniques peuvent permettre
de remplacer des interventions invasives par des procédés non invasifs
ou très peu traumatiques, ce qui aurait pour effet de réduire le risque
d'exposition à des instruments contaminés par du sang ou des liquides
capables de propager des pathogènes transmissibles par le sang. À titre
d'exemples, citons les seringues pour injection intraveineuse et
les cathéters qui évitent l'utilisation d'aiguilles, les dispositifs de
protection pour la pose et le retrait de lignes de perfusion, les dispositifs
d'administration par voie intraveineuse qui permettent plusieurs raccords
sans utilisation d'aiguilles, les contenants pour jeter les aiguilles,
les aiguilles recapuchonnables d'une seule main et les dispositifs de
sécurité qui permettent de couvrir ou d'émousser automatiquement les aiguilles
ou les lames après leur tilisation
RECOMMANDATIONS
a. Il convient d'évaluer de manière uniforme les
nouveaux produits et techniques (p. ex. dispositifs intraveineux
sans aiguille, aiguilles auto-émoussantes pour les prélèvements de sang)
afin de déterminer s'ils sont applicables, rentables et s'ils permettent
de réduire la fréquence et l'ampleur des expositions au sang et aux liquides
capables de propager des pathogènes transmissibles par le sang.
b. Il faut remplacer rapidement les pratiques moins
efficaces ou moins sûres par de nouvelles techniques lorsque l'évaluation
indique que celles-ci comportent des avantages. L'accent devrait être
mis sur
a) la réduction de l'exposition aux aiguilles ou à d'autres objets pointus
ou tranchants;
b) la réduction de l'exposition cutanée ou muqueuse à du sang ou à des
liquides capables de propager des pathogènes transmissibles par le sang
(voir la prochaine section sur le matériel de protection individuelle);
c) les façons de réduire la contamination des milieux de travail;
d) une conception nouvelle des instruments réutilisables afin qu'ils puissent
être nettoyés et désinfectés efficacement; et
e) l'utilisation de dispositifs de sécurité en fonction du degré de risque
d'exposition à diverses sources d'infection.
c. Dans la mesure du possible, il convient d'envisager
le remplacement des aiguilles à suture classiques et de faciliter l'accès
à ce matériel (p. ex. aiguilles à suture à pointe mousse, agrafes, colle
chirurgicale, cautère).
d. Chaque fois que cela s'avère utile, il convient
de mettre à la disposition du personnel dans le bloc opératoire du matériel
conçu de façon à réduire les risques d'exposition à des objets pointus
ou tranchants et au sang et aux liquides capables de propager des pathogènes
transmissibles par le sang (p. ex. plaques aimantées sur lesquelles
on peut placer les aiguilles et d'autres instruments pointus ou tranchants,
dispositifs de protection pour prévenir les éclaboussures, instruments
chirurgicaux à pointe ou à tranche arrondie, dés pour protéger l'index
de la main non exécutante).
e. Il faut évaluer tout le matériel afin de déterminer
s'il présente des risques d'exposition pour les travailleurs à des objets
pointus ou tranchants contaminés par du sang et des liquides capables
de propager des pathogènes transmissibles par le sang. Il convient d'utiliser
dans la mesure du possible le matériel le plus sûr (notamment dans les
morgues, les salons mortuaires, les salles d'autopsie, les services d'incendie
et d'intervention d'urgence).
f. Il est recommandé d'utiliser du matériel assurant
un niveau accru de protection dans les situations comportant un plus grand
risque d'exposition à du verre cassé, à des arêtes aiguës, à des aiguilles
cachées ou à d'autres instruments pointus ou tranchants (p. ex. fouilles
corporelles, dégagement des personnes prisonnières d'un véhicule accidenté).
g. Les seringues et les aiguilles, les lames de scalpels
ainsi que d'autres objets pointus ou tranchants jetables devraient être
placés après usage dans des contenants résistants à la perforation situés
le plus près possible du lieu où ils sont utilisés. Il n'est pas recommandé
de plier ou de casser les aiguilles avant de les jeter. Il convient de
retirer les lames des lancettes et des scalpels avec des pinces plutôt
qu'avec les doigts
h. Il ne faut jamais recapuchonner les aiguilles
usagées ni les manipuler avec les deux mains ou à l'aide de toute autre
technique où l'on dirige la pointe de l'aiguille vers une partie du corps.
Si l'on est obligé de recapuchonner une aiguille, on le fera au moyen
d'un geste rotatif d'une main ou on utilisera un support à capuchon. Les
aiguilles d'aspiration non jetables devraient être recapuchonnées à l'aide
d'une des deux méthodes mentionnées ci-dessus avant d'être désassemblées
des seringues. S'il faut administrer plusieurs injections au même patient
au moyen d'une seule aiguille, cette dernière devrait être placée dans
un endroit sûr et propre où elle ne peut être contaminée ni causer de
blessures accidentelles; on peut également la recapuchonner en utilisant
un dispositif de sécurité
III Matériel de protection individuelle
Malgré l'adoption de mesures de réduction du risque,
il se peut que certains dangers demeurent. Le matériel de protection individuelle
sert de barrière contre les contacts directs avec des pathogènes transmissibles
par le sang. Il comprend les gants, les protecteurs oculaires, les écrans
faciaux, les masques, les blouses, les tabliers et les chaussures de sécurité.
Les auteurs d'une étude ont conclu que l'utilisation d'écrans faciaux,
de blouses imperméables et de bottes imperméables par le personnel du
bloc opératoire aurait pu prévenir plus de la moitié des expositions cutanées
des parties du corps autres que la main. On trouvera au tableau 3,
page 10, section II.C.1.i. des données sur les expositions et
les vêtements de protection portés qui proviennent du programme de Surveillance
nationale des cas d'exposition professionnelle au virus de l'immunodéficience
humaine de Santé Canada.
Divers matériaux sont utilisés pour la confection
des gants, dont le latex, le vinyle, le nitrile, le néoprène, le copolymère
et le polyéthylène. Lorsqu'ils sont intacts, tous ces matériaux offrent
une barrière adéquate contre les agents pathogènes transmissibles par
le sang (sauf dans le cas des piqûres d'aiguilles).
Les travailleurs de la santé qui portent des gants
entrent moins souvent en contact avec le sang. La quantité de sang auquel
un travailleur est exposé lorsqu'il se pique avec une aiguille peut être
réduite d'au moins 50 % si l'aiguille doit passer à travers un gant.
Lors de certaines éclosions d'hépatite B, l'obligation de porter
des gants a contribué à réduire ou à éliminer la transmission du VHB aux
patients devant subir une intervention chirurgicale ou dentaire
Des études ont montré que la qualité de protection
offerte par les nouveaux gants varie d'un lot à l'autre. Certains chercheurs
ont découvert des lots de gants qui présentaient un taux élevé de fuite;
d'autres ont trouvé des gants dont la qualité était toujours bonneet étaient
conformes aux normes actuelles. Des tests effectués sur des gants neufs
ont révélé des fuites dans des lots de gants en vinyle comme en latex.
Diverses réactions indésirables ont été associées
à l'emploi du latex. Les réactions allergiques au latex, soit par contact
ou inhalation de particules en suspension dans l'air, sont de plus en
plus nombreuses. Environ 10 % des travailleurs exposés présentent
des réactions indésirables bénignes; on observe chez certains des réactions
systémiques graves. On choisira de préférence des gants de latex sans
poudre contenant une faible concentration de protéines afin de réduire
au minimum l'exposition aux substances allergènes contenues dans le latex.
On ne peut recommander un type ou une épaisseur de
gants qui pourraient protéger adéquatement les travailleurs dans toutes
les circonstances. Le choix des gants qui conviennent le mieux à une tâche
donnée devra être fondé sur une analyse de risque portant sur le type
de milieu, le type d'intervention, le risque d'exposition à du sang ou
à des liquides capables de propager des pathogènes transmissibles par
le sang, la durée d'utilisation, le degré de contrainte subie par le gant,
la présence d'une allergie au latex, l'ajustement, le confort, le coût,
la longueur des manchettes, l'épaisseur, la flexibilité, l'élasticité
Il est indispensable d'effectuer des recherches afin
de déterminer le type de gants et d'autre matériel de protection individuelle
qui assureront une protection efficace aux travailleurs de la santé et
qui sont suffisamment durables pour demeurer efficaces pendant leur utilisation
. Les gants de tricot métallique utilisés dans les salles d'autopsie ne
protègent pas contre les blessures par piqûres d'aiguilles. Les virus
transmissibles par le sang peuvent traverser les gants troués, bien qu'aucun
cas de séroconversion à l'égard du VIH après une exposition à l'insu de
l'individu à des liquides organiques ayant pénétré par un trou dans un
gant n'ait été signalé. Les expositions à des pathogènes transmissibles
par le sang sont dues habituellement à des blessures causées par des objets
pointus ou tranchants qui traversent le gant ou sont associés à l'absence
de gants plutôt qu'à l'utilisation de gants non appropriés.
L'Office des normes générales du Canada (ONGC) administre
un programme d'homologation des gants pour les examens et les interventions
chirurgicales qui sont conformes aux normes nationales. Celles-ci établissent
des niveaux de qualité supérieurs aux critères minimaux établis par la
Direction générale de la protection de la santé (DGPS). Le programme d'homologation
de l'ONGC peut aider les acheteurs à évaluer la qualité des gants (voir
l'annexe). Au Canada, le Bureau des matériels médicaux, de la DGPS, Santé
Canada, fournit de l'information sur la qualité des gants et les allergies
au latex, publie un répertoire des gants faits de matériaux autres que
le latex et les résultats d'évaluations de la concentration de protéines
dans les gants (voir l'annexe).
RECOMMANDATIONS
I Générales
a. Lorsqu'on pense qu'une exposition à du sang ou
à des liquides capables de propager des pathogènes transmissibles par
le sang (voir aussi la section II.A.) est possible, il convient d'utiliser
le matériel de protection individuelle approprié.
b. Les politiques relatives à l'utilisation du matériel
de protection individuelle devraient se fonder sur le risque inhérent
à chaque intervention (p. ex.,le soin des victimes d'accidents comporte
un risque très important alors que le fait de donner le bain à un malade
ou de dispenser des soins courants présente un risque négligeable d'infection
transmissible par le sang). Il faudra revoir périodiquement ces politiques
pour s'assurer qu'elles sont conformes aux données scientifiques les plus
récentes, à l'épidémiologie des maladies infectieuses et qu'elles tiennent
compte de l'expérience acquise dans ce domaine
c. Le personnel devrait avoir facilement accès à
une quantité suffisante d'écrans faciaux, de protecteurs oculaires, de
masques, de gants, de blouses et de tabliers de tous types et de toutes
tailles pour répondre à ses besoins professionnels.
d. Les décisions relatives à l'achat de matériel
de protection individuelle devraient se fonder sur l'expérience acquise
par le personnel de l'établissement, notamment en ce qui concerne le confort,
l'ajustement et la durabilité du matériel, ainsi que sur les données épidémiologiques
démontrant l'efficacité de cette forme de protection et sur les coûts-avantages.
e. Les masques et le matériel de protection oculaire (p. ex., lunettes
à coques, lunettes de sécurité) ou les écrans faciaux devraient être portés
pour protéger les muqueuses, les lésions cutanées et les conjonctives
durant les interventions susceptibles de provoquer des éclaboussures de
sang ou de liquides capables de propager des pathogènes transmissibles
par le sang. Chaque fois qu'il y a un risque d'exposition à du sang ou
à des liquides capables de propager des pathogènes à diffusion hématogène,
on devrait porter un masque et des protecteurs oculaires, notamment durant
les interventions dentaires et chirurgicales d'urgence, les analyses dans
les laboratoires judiciaires, les accouchements et les examens post mortem.
f. Même s'ils ne portent pas de matériel de protection, les intervenants
d'urgence devraient réanimer les victimes. On n'a fait état d'aucun cas
d'infection par des agents pathogènes transmissibles par le sang à la
suite d'un bouche-à-bouche. Après une exposition possible à du sang ou
à des liquides capables de propager des pathogènes transmissibles par
le sang, l'intervenant d'urgence devrait sur-le-champ effectuer une évaluation,
commencer à nettoyer/laver la zone exposée et appliquer le protocole de
notification de son organisme. Il convient d'éviter le bouche-à-bouche
durant la réanimation en utilisant des embouts, des ballons de réanimation
ou d'autres dispositifs de ventilation. Le matériel et les dispositifs
de réanimation ne devraient être utilisés qu'une seule fois et jetés ou,
s'ils sont réutilisables, être nettoyés et désinfectés à fond après chaque
usage conformément aux recommandations du fabricant. Des masques de poche
(p. ex. des systèmes à double paroi) destinés à prévenir tout contact
entre l'intervenant d'urgence et le sang, la salive contaminée par du
sang, les sécrétions respiratoires et les vomissures des victimes devraient
être mis à la disposition de tous les travailleurs qui dispensent des
traitements d'urgence. Pour obtenir plus de détails, veuillez vous reporter
aux actes des Lignes directrices nationales concertées pour l'établissement
d'un protocol de notification post-exposition à l'intention des intervenants
d'urgence.
g. On devrait porter une blouse ou un tablier durant
les interventions susceptibles de provoquer des éclaboussures de sang
ou de liquides capables de propager des pathogènes transmissibles par
le sang. On déterminera le type de blouse requis (p. ex. imperméable)
d'après le risque inhérent à l'intervention. Il faut prévoir des vêtements
de rechange en cas de contamination des vêtements par du sang. Un lavage
normal permettra de décontaminer les vêtements souillés par du sang ou
des liquides organiques
h. Les laboratoires cliniques ou de recherche devraient
afficher (à l'entrée) le matériel de protection exigé. Toute personne
- employé ou visiteur - qui pénètre ou travaille dans un laboratoire de
recherche ou un laboratoire clinique devrait avoir accès à des vêtements
de protection appropriés (uniformes, sarraux et blouses) et les porter
en les gardant bien attachés ou fermés. Il faut retirer les vêtements
de protection et se laver les mains avant de quitter
II Concernant les gants à usage médical
i. Le port de gants à usage médical est recommandé
pour toutes les interventions qui peuvent comporter un contact direct
de la peau ou des muqueuses avec du sang ou des liquides capables de propager
des pathogènes transmissibles par le sang. Il peut être indiqué d'utiliser
des gants à usage médical pour d'autres raisons que pour prévenir les
infections transmissibles par le sang (p. ex. les interventions où
l'on peut entrer en contact avec d'autres agents infectieux, avec des
animaux de laboratoire infectés, des toxines ou du matériel contaminé).
j. Les gants à usage médical jetables, de bonne qualité,
faits de vinyle, de nitrile, de néoprène, de copolymère et de polyéthylène
offrent une barrière adéquate contre les pathogènes transmissibles par
le sang, notamment dans le cas des travailleurs ou des patients allergiques
au latex. Il faut veiller à ce que les gants choisis soient adaptés à
la tâche exécutée (p. ex., les intervenants d'urgence peuvent avoir besoin
de gants plus résistants).
k. Des gants à usage médical non stériles peuvent
être portés pour des examens et certaines interventions non chirurgicales.
C'est le type d'interventions à effectuer qui déterminera s'il faut utiliser
des gants à usage médical stériles ou non stériles. Les fabricants produisent
des gants de deux qualités : usage industriel et usage médical. Seuls
les gants étiquetés pour usage médical (p. ex., gants chirurgicaux stériles,
gants non stériles destinés aux examens médicaux) devraient être utilisés
comme moyen de protection contre les pathogènes transmissibles par le
sang durant les soins dispensés aux patients/clients
l. Les travailleurs qui présentent une dermatite
ou des lésions cutanées devraient porter des gants à usage médical lorsqu'ils
peuvent venir en contact direct avec du sang ou des liquides capables
de propager des pathogènes transmissibles par le sang. L'ajout d'une autre
barrière, p. ex. un bandage occlusif, pour protéger une lésion cutanée,
réduit encore plus le risque d'exposition. Il n'est pas nécessaire que
les personnes dont la peau est intacte portent des gants à usage médical
lorsqu'il y a peu de risque de contact direct avec du sang.
m. Lors de tout prélèvement de sang, le port de gants
devrait être obligatoire. Toutefois, les phlébotomistes qui décident de
ne pas porter systématiquement des gants devraient être gantés pour effectuer
une phlébotomie lorsqu'ils ont des coupures, des égratignures ou d'autres
lésions cutanées ou lorsqu'une contamination des mains par du sang est
à prévoir (p. ex. phlébotomie pratiquée chez un patient peu coopératif,
prises de sang au doigt ou au talon au moyen d'une lancette)(32).
Tous les étudiants ou les nouveaux stagiaires devraient porter des gants
à usage médical durant leur formation et par la suite lorsqu'ils exécutent
une ponction veineuse ou d'autres techniques de prélèvement de sang.
n. Il n'est pas nécessaire de porter des gants pour
des injections sous-cutanées, intramusculaires ou intradermiques à moins
qu'on juge qu'il y a un risque d'exposition à du sang.
o. Des études ont montré que lorsque le risque de
blessure percutanée est élevé, le port d'une double paire de gants contribue
à réduire le volume de sang auquel est exposé le travailleur qui se pique
avec une aiguille; cette méthode de protection peut être indiquée selon
le degré de risque que comporte l'intervention (p. ex. chirurgie, autopsies,
fouilles policières).
p. Lorsqu'une intervention dure longtemps, il faut
changer de gants (avant qu'on ne décèle ou soupçonne une perforation ou
une déchirure).
q. Des gants de tricot d'acier inoxydable devraient
être portés lorsqu'il existe un risque accru de lacérations accidentelles
à cause de l'usage fréquent de scies, de cisailles, d'ostéotomes ou d'instruments
similaires (p. ex. lors des incendies, des interventions d'urgence
et des autopsies)
r. Il faut changer immédiatement de gants après usage,
et après avoir fini de soigner une personne avant de passer au prochain
client ou patient. Il peut être nécessaire de remplacer les gants entre
les interventions pratiquées chez une même personne (p. ex. entre les
soins associés à un cathéter et à une trachéotomie).
s. Les gants à usage médical doivent être jetés après
avoir été utilisés chez un seul patient et ne doivent pas être lavés ni
désinfectés. Des microorganismes adhèrent aux gants et ne peuvent être
éliminés facilement Le lavage avec surfactants (savons ou détergents)
peut favoriser l'infiltration de liquides par des perforations invisibles.
Les désinfectants peuvent également entraîner une détérioration du matériau
t. Après usage, les gants devraient être retirés
avec soin et éliminés comme il convient. Le port de gants ne dispense
pas le personnel d'avoir à se laver les mains. Il faut se laver les mains
chaque fois qu'on retire les gants, des études indiquant en effet que
les travailleurs de la santé ne peuvent évaluer précisément si des gants
présentent des fuites.
u. Les gants tout usage (p. ex. de néoprène,
de caoutchouc, de butyle) conviennent aux travaux d'entretien ménager,
au nettoyage des instruments et aux pratiques de décontamination. Ils
peuvent être lavés et réutilisés mais devraient être jetés s'ils pèlent,
se fendillent ou se décolorent, même s'ils ne présentent pas encore de
trous ni d'accrocs
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