.../...
E. Renseignements additionnels concernant des milieux
particuliers
Les recommandations formulées à la section III,
parties A à D, s'appliquent à tous les établissements de santé et les
services publics, y compris ceux énumérés dans la présente section. Cette
dernière vise simplement à faciliter l'application des recommandations
précédentes dans des circonstances variées, notamment dans le cas d'expositions
majeures ou limitées qui surviennent dans des situations bien maîtrisées
et hors contrôle.
1. Risque d'exposition
majeure dans des circonstances relativement difficiles à maîtriser
Nous fournirons dans la section qui suit des renseignements
additionnels destinés aux intervenants de première ligne qui dispensent
des soins d'urgence (p. ex. ambulanciers, policiers ou pompiers qui
donnent les premiers soins), ainsi qu'aux équipes de traumatologie des
services d'urgence et au personnel des établissements de santé ou des
établissements correctionnels qui doivent composer avec des patients/clients
ou des détenus agressifs.
Dans les services où il existe un risque d'exposition
majeure à des germes infectieux dans des circonstances relativement difficiles
à maîtriser, il arrive souvent que les employés n'ont guère le choix ni
le temps d'éviter un tel risque. On dispose de peu d'information sur la
transmission effective de maladies dans ces circonstances. Des cas de
transmission du VHB dans de telles situations ont été signalés, mais ils
sont rares; et malgré ce risque d'exposition, il est remarquable de voir
le nombre encore moins élevé de cas de transmission du VIH et du VHC.
Lors des deux tiers des expositions, les policiers n'ont eu guère ou pas
le temps d'enfiler des vêtements de protection ou travaillaient dans des
circonstances où le port de gants ne les aurait pas protégés. Il est rare
que des personnes soient exposées délibérément à des agents infectieux,
mais il reste que cela pose un problème réel dans les établissements correctionnels.
Le personnel des services d'urgence est plus fréquemment exposé à du sang
et à des liquides capables de propager des pathogènes transmissibles par
le sang.
I Services d'incendie et services médicaux d'urgence
En plus de suivre les recommandations générales présentées
dans les sections précédentes, il convient également d'envisager la prise
des mesures suivantes
a. Il faut identifier les zones et les interventions
à haut risque, puis élaborer et appliquer des protocoles, exercer une
surveillance, offrir une formation et fournir du matériel visant à réduire
le risque d'exposition; ces mesures sont essentielles si l'on veut réduire
les expositions professionnelles aux pathogènes transmissibles par le
sang.
b. Il est recommandé de mettre en place des mesures
techniques offrant une protection accrue dans les situations où le personnel
risque d'être en contact avec du verre cassé et des arêtes aiguës (p.
ex., dégagement d'une personne emprisonnée dans une voiture accidentée).
Chaque fois que l'on prévoit d'être exposé à des surfaces rugueuses, pointues
ou coupantes, il convient de porter des gants qui satisfont aux critères
nationaux établis pour les pompiers.
c. Des appareils pour la respiration artificielle
assistée (p. ex. masques et ballons d'anesthésie, réanimateurs avec
système d'oxygène à la demande) devraient être fournis dans tous les véhicules
d'urgence et être mis à la disposition de tous les intervenants d'urgence
qui peuvent avoir à répondre à des urgences médicales ou à secourir des
victimes.
d. On devrait trouver dans tous les véhicules d'urgence
qui répondent à des urgences médicales ou interviennent pour sauver des
victimes des masques, des lunettes de sécurité et des blouses. C'est le
degré d'exposition qui déterminera le type de vêtements protecteurs à
porter. Dans le cas de lacérations mineures ou d'expositions à de petites
quantités de sang, on utilisera des gants alors que dans le cas
d'hémorragies artérielles massives, on portera blouse, masque, protecteurs
oculaires et gants.
e. Les travailleurs pourraient transporter des masques
de poche dans leur trousse de base (p. ex. dans un étui à la ceinture).
f. Des gants jetables adaptés aux tâches effectuées
devraient être fournis dans la trousse standard des intervenants d'urgence
et devraient être portés par tout le personnel qui doit dispenser d'urgence
à des patients des soins comportant une exposition à du sang et à des
liquides capables de propager des pathogènes transmissibles par le sang.
g. Il faut enlever immédiatement les gants après
leur utilisation, puis se laver les mains.
II Personnel chargé de l'application de la loi et employés des établissements
correctionnels
En plus de suivre les recommandations générales présentées
dans les sections précédentes, il convient également d'envisager la prise
des mesures suivantes :
a. Il faut identifier les zones et les interventions
à haut risque, puis élaborer et appliquer des protocoles, exercer une
surveillance, offrir une formation et fournir du matériel visant à réduire
le risque d'exposition; ces mesures sont essentielles si l'on veut réduire
les expositions professionnelles aux pathogènes transmissibles par le
sang.
b. Chaque fois qu'il existe un risque d'exposition
à du sang ou à des liquides capables de propager des pathogènes transmissibles
par le sang et lorsque les circonstances le permettent, il faut porter
le matériel de protection adéquat. Dans tous les cas, il faut agir avec
une extrême prudence lorsqu'on a affaire à un suspect ou à un prisonnier
qui présente des signes d'agressivité. Lorsqu'un suspect ou un détenu
saigne et qu'il est agressif ou profère des menaces, les intervenants
devraient toujours enfiler des gants dès qu'ils le peuvent.
c. Les employés du système de justice pénale courent
le risque d'être exposés à des pathogènes transmissibles par le sang lorsqu'ils
effectuent des fouilles et manipulent des pièces de preuve. Des blessures
avec lésions de la peau ont été signalées, et des blessures par piqûre
d'aiguille ou perforation peuvent survenir durant les fouilles de suspects,
de véhicules ou de cellules et durant la manipulation de pièces de preuve.
Au nombre des facteurs qui contribuent à accroître le risque d'exposition
figurent les lésions cutanées des employés, la fouille à tâtons d'endroits
cachés (poches, sous les sièges de voitures), les éclaboussures de sang
et le sang renversé.
d. Il faut enlever immédiatement les gants après
leur utilisation, puis se laver les mains.
e. Les précautions qui suivent devraient aider à
réduire le risque d'exposition :
Il y a lieu de porter des gants à usage médical s'il
existe un risque d'exposition à du sang.
Dans la mesure du possible, l'agent portera les gants
suspendus à sa ceinture afin de pouvoir les enfiler rapidement au besoin.
Il faut porter des gants à usage médical pour toutes
les fouilles.
Dans la mesure du possible, il faut utiliser des
instruments plutôt que les mains pour inspecter les endroits cachés (p. ex.
miroirs à long manche, lampes de poche).
Il faut réduire le plus possible les fouilles à l'aveuglette.
Il faut toujours garder les mains visibles.
S'il faut porter des gants de coton pour manipuler
sur le lieu du crime des pièces pouvant comporter des empreintes latentes,
on les enfilera par-dessus des gants à usage médical s'il y a risque d'exposition
à du sang et à des liquides capables de propager des pathogènes transmissibles
par le sang.
Lorsqu'on examine la scène d'un crime, il faut être
à l'affût des objets pointus ou tranchants, tels que les seringues hypodermiques,
les couteaux, les rasoirs, le verre cassé, les clous ou d'autres objets.
On utilisera des contenants résistant à la perforation
pour remiser les articles pointus ou tranchants et des sacs en plastique
imperméables dûment identifiés pour d'autres objets potentiellement contaminés
par du sang et des liquides organiques capables de propager des pathogènes
transmissibles par le sang.
Les détectives, les enquêteurs, les techniciens de
l'identité judiciaire et les employés qui peuvent avoir à toucher ou à
déplacer un cadavre devraient prendre les mêmes précautions que lorsqu'il
faut pratiquer la RCR ou donner les premiers soins : s'il existe
un risque de contact avec du sang ou des liquides capables de propager
des pathogènes transmissibles par le sang, il faut recouvrir toutes les
coupures et les abrasions pour créer une barrière et il faut porter des
gants. On nettoiera avec soin toutes les zones qui ont été exposées à
du sang ou à des liquides capables de propager des pathogènes transmissibles
par le sang et on se lavera les mains après avoir retiré les gants. On
utilisera les précautions prévues à l'égard du sang et des cadavres lorsqu'on
manipule des membres, des mains ou d'autres parties du corps amputés.
Il faut suivre ces procédures pour tout le sang ou les liquides qui peuvent
propager par contact des pathogènes transmissibles par le sang, peu importe
si l'on sait ou soupçonne que la source d'exposition présente une infection.
Les instruments pointus ou tranchants utilisés par
les techniciens de l'identité devraient être manipulés avec précaution,
transportés dans des étuis et désinfectés après usage.
Les agents des services correctionnels peuvent opter
pour l'utilisation de matériel de protection individuelle lorsqu'il existe
un risque d'exposition à du sang et à des liquides capables de propager
des pathogènes transmissibles par le sang. Les agents peuvent recevoir
des crachats et des matières fécales; parfois ces substances ont été délibérément
contaminées par du sang ou des liquides capables de propager des pathogènes
transmissibles par le sang. On ne relève aucun cas documenté de ce type
d'infection par des pathogènes transmissibles par le sang, et il est très
peu probable qu'une infection se propage par cette voie. Toutefois, une
irrigation ou un lavage immédiat est recommandé en cas de contamination
de la peau ou des muqueuses. Les vêtements contaminés peuvent être lavés
normalement. On décontaminera les autres articles en utilisant le germicide
approprié
2. Risque d'exposition
majeure dans des situations relativement bien maîtrisées
La section qui suit renferme des renseignements supplémentaires
destinés aux services de chirurgie (y compris les salles d'opération et
les cliniques de chirurgie à l'extérieur des hôpitaux), aux cliniques
dentaires, aux unités d'hémodialyse, aux morgues, aux salons mortuaires
et aux salles d'autopsie ainsi qu'aux laboratoires cliniques.
Même s'il est établi que le risque d'infection parmi
les chirurgiens est élevé, rares sont ceux qui déclarent adopter des stratégies
pour prévenir les expositions au sang. Dans une étude effectuée à Toronto
(1995), seulement 21 % des chirurgiens portaient toujours deux ou
trois paires de gants, seulement 10 % portaient toujours des lunettes
de sécurité en plus de leurs verres correcteurs et un petit nombre d'entre
eux manipulaient les instruments pointus ou tranchants correctement. La
plupart avaient été vaccinés contre l'hépatite B. Une grande majorité
des expositions au sang durant les interventions chirurgicales auraient
pu être prévenues si des précautions additionnelles (barrières) avaient
été prises. Le fait de connaître ou de soupçonner la séropositivité de
patients à l'égard du VIH n'était pas associé à une réduction des expositions.
Durant 36 % des interventions, les anesthésistes avaient été en contact
avec du sang, et dans 98 % des cas, ces expositions auraient pu être
évitées. De même, un nombre appréciable d'expositions subies par des sages-femmes,
des obstétriciens, le personnel des services dentaires, des employés de
morgues, de salons mortuaires et de laboratoires auraient pu être évitées.
I Services de chirurgie, y compris les salles d'opération
En plus de suivre les recommandations générales présentées dans les sections
précédentes, il convient d'envisager la prise des mesures suivantes :
a. Pour réduire les expositions professionnelles
à des agents pathogènes transmissibles par le sang, il importe de déterminer
les zones et les interventions à haut risque, puis d'élaborer et d'appliquer
des protocoles, d'exercer une surveillance, d'offrir une formation et
de fournir du matériel visant à réduire le risque d'exposition.
b. Il faut s'efforcer de réduire le risque en ordonnant
et en attribuant les tâches (p. ex. réduire au minimum le nombre
d'employés participant à une opération).
c. Selon l'intervention pratiquée, le personnel de
la salle d'opération devrait porter un protecteur facial, des gants et
une blouse imperméable. Les masques renforcés munis d'un écran facial
de plastique ou les masques portés avec des verres de sécurité avec écrans
latéraux protecteurs, les manchettes de plastique, les doubles paires
de gants, les combinaisons et les bottes aux genoux offrent une protection
additionnelle. Les couvre-chaussures peuvent protéger les souliers mais
n'aident pas à réduire les infections.
d. Les techniques mains libres, sans passage d'instrument
ou sans contact contribuent à réduire le risque au minimum. Lorsque plusieurs
personnes travaillent avec des instruments pointus ou tranchants dans
une même salle, il importe que chacun fasse connaître aux autres ses intentions
et que tous les gestes soient coordonnés.
e. Il faut enlever immédiatement les gants après
leur utilisation, puis se laver les mains.
II Cliniques dentaires
En plus de suivre les recommandations générales présentées
dans les sections précédentes, il convient d'envisager la prise des mesures
suivantes :
a. Comme il existe un risque d'exposition à de la
salive contaminée par du sang lors des soins dentaires, le personnel doit
faire particulièrement attention, car le risque de perforation des gants
est élevé (p. ex. contact avec les dents, des bagues métalliques,
des ligatures).
b. Il faut prendre soin de débarrasser le matériel
utilisé dans la bouche de toute trace de salive et de sang avant de le
soumettre à une désinfection de haut niveau ou à une stérilisation
c. Le matériel qui entre en contact avec les gants,
p. ex. miroirs et lampes, devrait être nettoyé et désinfecté.
d. Les instruments qui viennent en contact avec des
zones stériles doivent être nettoyés et stérilisés avant d'être réutilisés
chez un autre patient. De plus, les instruments ou le matériel qui peuvent
transmettre du sang ou des liquides infectieux doivent être stérilisés
(p. ex. les pièces à main pour grandes vitesses et d'autres instruments
intrabuccaux).
e. En plus de porter des gants pour éviter tout contact
avec les muqueuses buccales des patients, les travailleurs dispensant
des soins dentaires devraient porter un masque chirurgical et des lunettes
de sécurité ou des écrans faciaux de plastique descendant jusqu'au menton
durant les interventions qui comportent des risques d'éclaboussure ou
de projection de liquides
f. Il faut enlever immmédiatement les gants après
leur utilisation, puis se laver les mains.
III Unités d'hémodialyse
En plus de suivre les recommandations générales présentées
aux sections précédentes, il convient d'envisager la prise des mesures
suivantes :
a. Les dialyseurs jetables devraient être éliminés
après chaque usage. Il est également possible que les centres aient mis
en place des programmes de réutilisation des dialyseurs qui sont attribués
à un patient donné, puis nettoyés, désinfectés et réutilisés plusieurs
fois pour soigner le même patient. Un dialyseur individuel ne doit jamais
servir à plus d'un patient
b. Les stratégies de désinfection des tubulures de
l'hémodialyseur doivent viser à éliminer la contamination bactérienne
et virale
c. Les patients infectés par le VIH peuvent être
soumis à une hémodialyse ou à une dialyse péritonéale et il n'est pas
nécessaire de les isoler des autres patients.
d. Les stratégies de prévention et de lutte contre
les infections à VHB prévoient entre autres l'isolement des patients AgHBs
positifs des patients AgHBs négatifs, un dépistage sérologique systématique
de l'AgHBs et des anticorps anti-HBs et un nettoyage et une désinfection
systématiques. Il faut notamment réserver l'utilisation de certains appareils
aux patients AgHBs positifs. Les patients infectés par le VHB devraient
être dialysés dans une pièce séparée ou, si c'est impossible, dans une
aire séparée de celle occupée par les patients négatifs à l'égard du VHB.
Il importe en fait de séparer temporairement ou géographiquement les patients
positifs et négatifs pour le VHB.
e. Tous les patients en hémodialyse qui ne sont pas
déjà infectés par le VHB ou immunisés contre ce virus devraient être vaccinés
contre l'hépatite B.
f. Au nombre des caractéristiques techniques qui
permettraient de rendre le matériel d'hémodialyse le plus sûr possible,
citons les débitmètres et les mesures de protection en cas de bris accidentel
des tubulures qui composent le circuit sanguin.
g. Il faut enlever immmédiatement les gants après
leur utilisation, puis se laver les mains.
IV Morgues, salons mortuaires et salles d'autopsie
En plus de suivre les recommandations générales présentées
dans les sections précédentes, il convient d'envisager la prise des mesures
suivantes :
a. Toutes les personnes qui procèdent ou qui participent à des interventions
post mortem doivent porter des gants, un masque, des lunettes
de sécurité, une blouse et un tablier imperméable.
b. Il convient de porter des gants lors de tout contact
avec un corps non recouvert d'une housse mortuaire, notamment lorsqu'on
va chercher le corps à domicile (données inédites, EA Henderson,
Alberta).
c. Les instruments et les surfaces contaminées durant les examens post mortem
doivent être décontaminés à l'aide d'un germicide chimique efficace.
d. La thanatopraxie (embaumement) par injection artérielle
de substances de conservation et par l'introduction d'un tube évidé au
niveau des cavités thoracique et abdomino-pelvienne peut présenter moins
de risque que l'éviscération.
e. La thanatopraxie de corps autopsiés prend souvent
plus de temps et comporte un plus grand nombre de contacts avec le sang
que l'embaumement de corps intacts.
f. Il faut prendre le temps qu'il faut et utiliser
la méthode d'embaumement la plus sûre.
g. On recommande d'administrer à titre prophylactique
avant l'exposition le vaccin contre l'hépatite B h. Il faut retirer
immédiatement les gants après leur utilisation, puis se laver les mains.
V Laboratoires cliniques
En plus de suivre les recommandations générales présentées
dans les sections précédentes, il convient d'envisager la prise des mesures
suivantes : a. Pour obtenir plus de renseignements sur les laboratoires
qui analysent de grandes quantités d'échantillons ou les laboratoires
de recherche qui étudient les agents pathogènes transmissibles par le
sang, le lecteur est prié de se reporter aux lignes directrices relatives
aux laboratoires.
b. Lors de la planification, de la construction et de l'exploitation
de laboratoires cliniques et de recherche, il faut respecter les exigences
physiques et opérationnelles établies pour les pathogènes transmissibles
par le sang. Il importe d'élaborer des pratiques de laboratoire et d'acheter
du matériel qui permettent de réduire au minimum ou de prévenir les expositions.
Voici quelques exemples de mesures techniques de protection
requise dans les laboratoires pour lutter contre les infections causées
par des agents pathogènes transmissibles par le sang et d'autres microorganismes :
godets scellés pour la centrifugation, enceintes de confinement biologique,
dispositifs de pipettage et incinérateurs blindés pour les anses bactériologiques.
Il convient d'utiliser les enceintes de confinement biologique de catégorie I
ou II chaque fois qu'on pratique une intervention qui comporte un risque
élevé de production d'aérosols, p. ex. lors d'un mélange, d'un traitement
ultrasonique et d'un mixage vigoureux. Les dispositifs mécaniques de pipettage
doivent être utilisés pour la manipulation de tous les liquides. Le pipettage
à la bouche est proscrit. Les échantillons de sang doivent être transportés
dans des emballages spéciaux conformément au Règlement sur le transport
des marchandises dangereuses. Lors du prélèvement de chaque échantillon,
on prendra soin d'éviter de contaminer l'extérieur du contenant de même
que la formule de demande d'analyse qui accompagne l'échantillon.
c. Des affiches de mise en garde, indiquant le niveau
de risque lié aux agents utilisés, doivent être apposées à l'extérieur
de tous les laboratoires. Lorsque des conditions spéciales d'entrée sont
exigées, à cause de l'agent infectieux employé, les renseignements pertinents
doivent figurer sur l'affiche de mise en garde. Certains agents pathogènes
transmissibles par le sang (VIH) requièrent des enceintes de sécurité
biologique de catégorie II ainsi que des précautions spéciales
d. Toute manipulation d'échantillons cliniques, de
liquides organiques et de tissus provenant d'humains ou d'animaux de laboratoire
infectés ou inoculés nécessite un niveau de confinement 2 ou 3 ainsi que
des installations, des pratiques et du matériel de confinement spéciaux.
e. Il faut retirer immmédiatement les gants après
leur utilisation, puis se laver les mains.
3. Risque d'exposition
limitée dans des circonstances relativement difficiles à maîtriser
La présente section renferme des renseignements additionnels
destinés aux écoles, aux terrains de jeux, aux garderies, aux colonies
de vacances, aux foyers de groupe et aux foyers nourriciers. Les études
réalisées dans les écoles et les centres d'hébergement montrent la faible
transmissibilité des agents pathogènes véhiculés par le sang et l'efficacité
des mesures d'hygiène courante comme moyen de réduire le risque.
En plus de suivre les recommandations générales présentées
dans les sections précédentes, il convient d'envisager la prise des mesures
suivantes :
a. Des pathogènes transmissibles par le sang peuvent
être présents chez tous les enfants. Il faut mettre en place des politiques
et des procédures pour prévenir l'exposition au sang de tout enfant.
b. Les enfants atteints d'une infection transmissible
par le sang ne devraient pas être évincés des garderies, des foyers de
groupes ni des foyers nourriciers. Rien ne justifie en effet l'éviction
des enfants qui ne présentent pas de comportement agressif ni d'affection
médicale qui pourrait faciliter la transmission d'agents pathogènes.
c. Les personnes qui dispensent des services de soins
et d'éducation aux enfants d'âge préscolaire infectés par le VIH, le VHB
ou le VHC devraient être avisées du fait que l'enfant est porteur d'une
infection seulement si elles ont besoin de ces renseignements pour fournir
des soins adéquats à l'enfant et déceler des situations où il existe un
risque de transmission. Il faut obtenir le consentement des parents avant
de dévoiler l'état infectieux de l'enfant. Les décisions doivent être
prises en tenant compte des particularités de chaque cas et en respectant
le secret médical. Les personnes mises au courant devraient respecter
la vie privée de l'enfant et de sa famille. Les dossiers où sont consignés
les renseignements sur l'état infectieux d'une personne (VIH, VHB ou VHC)
devraient demeurer strictement confidentiels. Nul n'est tenu de dévoiler
le statut sérologique d'un enfant infecté au personnel des prématernelles
ou des garderies.
d. Les adultes asymptomatiques porteurs d'une infection
transmissible par le sang peuvent prendre soin d'enfants en garderie à
la condition qu'ils adoptent des mesures de prévention et de lutte contre
l'infection et ne présentent pas de lésions cutanées suintantes ou d'autres
affections
e. La vaccination contre l'hépatite B n'est
pas recommandée chez les enfants fréquentant une garderie
f. Toutefois, si un enfant infecté par le VHB dans
une garderie a des problèmes de comportement, p. ex. s'il mord ou
égratigne ses camarades, ou s'il présente une affection particulière,
telle qu'une maladie grave s'accompagnant de lésions cutanées suintantes,
il convient de discuter avec les autorités sanitaires de la possibilité
de vacciner les sujets-contacts.
4. Risque d'exposition
limitée dans des situations relativement bien maîtrisées
La présente section renferme des renseignements additionnels à l'intention
des services de soins à domicile, de consultations externes, de soins
prolongés, des établissements dispensant des soins infirmiers spécialisés
et des centres de réadaptation. Les observations qui suivent s'appliquent
également aux services personnels (p. ex. coiffure pour hommes et
pour femmes, électrologie, esthétique, cosmétologie, manucure, pédicure,
massothérapie, acupuncture, tatouage et body piercing).
Tout soin personnel qui comporte une perforation
de la peau devrait être considéré à haut risque. Des cas de transmission
du VHB ont été signalés dans des services de consultations externes, d'acupuncture,
des cliniques de chiropratique, des cliniques d'amaigrissement, des services
de perçage d'oreilles et des salons de tatouage. Certains des cas signalés
ont été causés par l'usage répété d'aiguilles mal stérilisées. Une bonne
hygiène de base, la manipulation adéquate des instruments pointus ou coupants
et une décontamination efficace du matériel après chaque utilisation contribueront
à protéger les utilisateurs et les dispensateurs de ces services.
En plus de suivre les recommandations générales présentées
dans des sections précédentes, il convient d'envisager la prise des mesures
suivantes :
a. Les aiguilles et les autres instruments invasifs
qui sont utilisés chez un client doivent être stériles et manipulés de
façon à prévenir toute contamination. On peut notamment utiliser des aiguilles
jetables (p. ex. pour l'acupuncture ou l'électrolyse).
b. Il faut nettoyer et désinfecter toutes les autres
pièces de matériel entre chaque patient/client et entre les interventions
pratiquées chez un même patient/client.
c. Il faut manipuler avec soin tous les objets pointus
ou tranchants dans toutes les circonstances. Les contenants résistant
à la perforation provenant des services de soins à domicile et de soins
personnels peuvent être placés avec les déchets ordinaires ou encore être
éliminés conformément aux politiques locales. Les instruments pointus
ou coupants provenant des cliniques médicales, des établissements de soins
prolongés, des centres de réadaptation et des services de soins à domicile
seront souvent assujettis aux mêmes règlements en matière d'élimination
que les déchets des établissements locaux de soins actifs. Il importe
de consulter les autorités locales à ce sujet.
d. Il faut mettre à la disposition du personnel du
matériel de protection individuelle afin de les protéger des expositions
au sang et à des liquides capables de propager des pathogènes transmissibles
par le sang.
.../...